06/02/2007

Gilles Repond - Jazz Station

gillesrepond
Je ne connais pas très bien le travail de Gilles Repond.
Bien sûr je l’ai déjà vu et entendu quelques fois lors de jams, ainsi qu’au sein des KMG’s.

Gilles vient d’enregistrer un tout nouvel (et premier) album chez Mogno.

À cette occasion, il donnait samedi dernier un concert à la Jazz Station. Et il sera en concert vendredi prochain au Sounds pour la même raison.

Le tromboniste suisse (que tous les belges ont adoptés depuis longtemps) était entouré de Max Silvapulle à la batterie, Sam Gerstmans à la contrebasse et Pascal Mohy au piano.
Malheureusement, je n’ai pu assister qu’au premier set, ainsi qu’au premier morceau du second…
Obligations, obligations, quand tu nous tiens !

Mais pour ce que j’en ai entendu, je peux dire que ça swingue pas mal. Un swing et un groove très actuel.
Les arrangements et la manière d’agencer les morceaux donnent une impression de pétillance et de nervosité bienvenues.
Rien d’agressif cependant, car tout est dans le chaloupé, l’ondulation.
Un joli cocktail bien relevé.

Par exemple, sur « Barbecue in Lapland », le rythme est très découpé par Max Silvapulle tandis que Sam Gerstmans soutient un ostinato musclé.
Le groove est sous-tendu et permet à la fois à Gilles d’improviser superbement et à Pascal Mohy d’inventer des phrases d’une exceptionnelle clarté.
Il y a chez le pianiste une élégance dans le rythme et le swing qui force l’admiration.
À d’autres moments parfois, on retrouve aussi chez lui du Herbie Hancock.

Sur un autre titre (qui n’en n’a pas encore), on décèle cette même ferveur et cette tension. Un morceau sur lequel on voyage au gré des rythmes tantôt reggae/dub, tantôt très swing.
La structure est superbement sinueuse, faite d’accélérations, de creux et de bosses.
Le son de Repond prend alors un accent assez « Chicagoan », à la fois brûlant et licencieux.
On sent tout le groupe piqué au jeu. Ce qui permet à Sam de nous régaler d’un solo fiévreux.

Le même esprit habite « The Lost Suite », titre éponyme de l’album, construit en quatre tableaux et que je n’aurais pas la chance d’entendre entièrement : obligations, obligations… (voir plus haut).
Là, on pense un peu à la période fin ’60 d’Andrew Hill chez Blue Note, avec un groove qui penche vers le modal ou qui tend à se déstructurer légèrement sous l’impulsion d’une une batterie au jeu foisonnant. Puis, on fait un détour du côté de chez Charles Mingus.
Tout ça avec une belle personnalité.
C’est bien… très bien, même.

Rassurez-vous, il y a aussi quelques ballades.
« Sexy Love », écrite par l’ami Wakas Ashiq, ou « Moonsoon » mettent en valeur le beau phrasé du tromboniste bien sûr, mais également la brillance du jeu de Pascal Mohy, dont la sensibilité et la personnalité me ravissent à chaque écoute.

Avec un peu de chance et une bonne organisation de ma part, j’essaierai d’aller réécouter ce quartet au Sounds vendredi. Et vous ?


A+

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