24/01/2007

Zero db

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Produit par Neon Rouge, Zero db, est un court métrage qui observe la naissance d’un morceau de musique.
De sa conception à sa réalisation.

La «première» avait lieu ce dimanche soir au Théâtre Molière à Ixelles, avec le soutien de f.Sharp

Derrière la caméra (et parfois devant), il y a Aurélien Bodinaux.

Le réalisateur suit le musicien, l’épie, le traque.

Le musicien, c’est Nic Thys.

Zero db n’est pas un «simple» reportage sur la création.
En effet, la narration est telle, que le film lui-même se construit devant nous. Le réalisateur ne cache rien et élabore son film au gré de l’évolution de l’oeuvre.
On le retrouve d’ailleurs au début, à New York, discutant avec Nic sur le projet du film.

Le cadrage est artistiquement bancal, le son un peu flou, le montage un peu chaotique. Puis, au fur et à mesure que la musique trouve son chemin dans la tête du compositeur, le film trouve, lui aussi sa direction.

Le bassiste tente alors d’expliquer comment lui vient une idée, donne son point de vue sur la musique («Elle ne mérite d’exister que si elle est plus belle que le silence»), il travaille son morceau, doute, l’enregistre seul…

On retrouve ensuite Nic à Bruxelles, travaillant avec Pierre Van Dormael, puis avec Stéphane Galland (à qui il impose de jouer sur des casseroles, des tubes métalliques ou des verres.)
On a droit aussi au passage impromptu d’Otti Van Der Werf lors de l’enregistrement du morceau en studio. Ce qui donnera une scène assez drôle où les musiciens tapent dans les mains…
Bref, le film se crée à la manière d’une impro. Le réalisateur intervient et les acteurs jouent sans jouer. Ou plutôt, ils jouent leur rôle.

Le film est intelligent et attachant.

Après la projection, les trois «vedettes» nous ont offert un mini-concert de 5 titres.
Tous écrits par Nic.
Dans l’esprit du morceau qui illustre le film, les compositions sont souvent des ballades un peu bluesy, parfois contemplatives. Parfois complexes, jamais inaccessibles. On sent poindre de temps en temps un accent «folk» façon Ry Cooder, évoquant la solitude, la fatigue ou les grands espaces du New Mexique.

Le groupe joue, tantôt en duo guitare et basse, tantôt avec Stéphane Galland... toujours aux casseroles.
Bientôt, on ne dira plus du batteur qu’il joue sur des Sabian mais plutôt sur du Le Creuset et Römertopf
Et s’il veut se procurer tout ce bon matériel, je peux lui conseiller le magasin d’une excellente amie: Le Piano.

Tant qu’à parler de percus, je vous invite aussi à aller écouter (et voir) Tripox les 5 et 6 février à la Maison du Peuple à St Gilles. Ça vaut le déplacement…

Avant de boire un verre et discuter le coup avec Mwanji, Erik Vermeulen, Peter Hertmans (qui prépare quelques beaux projets),Erwin Vann, Toine Thys, Stephane Galland et d’autres, le trio nous jouera encore «Moment’s Notice» (avec un petit clin d'oeil à «St Thomas»).

Suite à ce projet, un disque et quelques concerts pourraient bien voir le jour.
Tendons l’oreille…

A+

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