23/01/2007

Les Doigts de l'Homme aux Djangofolllies.

Je pourrais vous faire une série de jeux de mots plus ou moins foireux à propos des « Doigts de l’Homme ».
Mais non.
Ce n’est pas parce qu’ils ne se prennent pas au sérieux qu’on doit les prendre à la légère.
C’est là toute leur originalité. Et c’est le défi que se sont lancé ces trois musiciens.Comment trouver sa voie dans le jazz, assez codé, qu’est le manouche ?
Virtuosité, pathos ou sens de la fête… beaucoup de choses ont été faites depuis un célèbre Django.

C’est lors du festival honorant ce guitariste, les Djangofolllies, treizième (?) du nom, que j’ai eu l’occasion de découvrir sur scène ce trio français.

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Sur disque, que je vous recommande, on soupçonne l’humour. Et sur scène il éclate.
Il faut dire qu’Olivier Kikteff, avec qui j’ai eu l’occasion de bavarder longuement après le concert, a le sens du contact avec le public.
C’est d’ailleurs ce qu’il recherche dans la musique.
Dans cette musique.

Le concert est construit comme un petit spectacle avec mise en scène, effets de lumières, chorégraphies amusantes et un sens de la narration fluide et décalée.
Mais il ne faudrait pas oublier la musique.
Elle est donc gipsy à la base, mais n’a pas peur d’emprunter au rock, au folk, la bossa ou au classique.
«Crise de nerfs», morceau enlevé comme la plupart du répertoire, est d’ailleurs joué au banjo, accordé d’une étrange manière, qui peut faire penser au oud.
L’excellent contrebassiste, Tanguy Blum, délaisse parfois «la grosse dame» pour une basse électrique et s’en va slaper façon funk sur «Métal Hurlant».
Le leader chante sur quelques compositions personnelles souvent drôles et un peu sarcastiques : «140C» à propos de la chirurgie plastique, «Faites du bien» ou «Etre ou avoir» sur l’étroitesse d’esprit et les travers de certaines braves gens.
C’est pas bien méchant.
Juste bien observé.
On pourrait rapprocher ces moments-là de San Severino, mais Kikteff possède assez de personnalité pour imposer la sienne.
Le groupe est soudé et s’amuse beaucoup sur scène. Tout comme le public dans la salle.
Yannick Alcocer à la guitare rythmique maintient le cap et fait «la pompe» avec vigueur et maestria. Ce qui noue un dialogue fluide entre les trois musiciens.

Les chansons s’enchaînent avec bonheur.
L’humour fait parfois place à un peu de retenue quand le trio évoque le souvenir des horreurs que les gitans ont subi dans les années ’40 avec « Camping sauvage à Auschwitz », sans tomber dans le pathos.
Puis ils revisitent «Le Poinçonneur des Lilas» ou le «Bolero de Ravel» avec toujours autant d’humour.

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Et comme Les Doigts de l’Homme sont généreux, ils offriront un «supplément» de concert dans le bar des Riches Claires à un public qui n’en demandait pas tant.

Croisons les doigts pour qu’ils reviennent à nouveau en Belgique…
… merde, on avait dit: «pas de jeux de mots!»


A+

00:24 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : doigts de l homme, djangofolllies |  Facebook |

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