06/01/2007

Stéphane Galland - Nelson Veras au CC Ans

Je ne n’avais encore jamais entendu, ni vu, Stéphane Galland et Nelson Veras en duo.
Bien sûr je connaissais Veras sur l’album « Weaving Symbolics » de Steve Coleman ainsi que sur son propre album « Nelson Veras », où il était entouré de Armen Franje, Magic Malik et déjà de Stéphane Galland.

Je suis donc allé à Ans vendredi soir.
A Ans? Alors que le duo passe plus près de chez moi (Wavre, Jazz Station…) ? Ben oui, à Ans.
N’hésitez pas à y aller d’ailleurs, au CC Ans, si vous êtes du coin. L’accueil y est très sympa et Jean Mallamacci (entre autres), se démène comme un beau diable pour programmer régulièrement du jazz.
C’était aussi l’occasion de lui souhaiter une excellente année 2007.

Et je n’ai pas regretté mon déplacement.

veras-galland

Bien sûr la musique développée par le guitariste et le batteur n’est parfois pas « simple », mais comme elle reste souvent très mélodique, on ne s’y ennuie jamais. Au contraire.
On se fait surprendre, mais on ne se perd jamais.
Et puis, si on s’y perd un peu, ils nous retrouvent.

C’est amusant de constater les croisements entre les deux musiciens. Quand l’un joue des polyrythmies insensées (vous avez deviné, c’est Stéphane), l’autre joue les harmonies, la mélodie, la douceur.
Puis, les rôles s’inversent, Galland se fait hyper délicat (jouant des balais, effleurant les cymbales…) quand Veras joue des phrases courtes et rythmiques.

Les deux virtuoses s’écoutent, se regardent, se jaugent et se défient.
Ils s’amusent à déstructurer des thèmes connus (« All The Things You Are » ou « Body And Soul ») pour en faire une relecture excitante.
Puis, ils improvisent sur leurs propres compositions ou sur le célèbre « Saidas e Bandeiras » de Milton Nascimento que l’on reconnaît par bribes et qui ne garde qu’une très pâle couleur brésilienne.
Dans le même ordre d'idées, il faut entendre aussi leur version de « Besame Mucho »: une véritable synthèse entre boléro et jazz contemporain.
Magnifique réussite.
Stéphane Galland accélère les rythmes, les ralentit aussitôt puis relance la machine. Les musiciens s’arrêtent, redémarrent, redoublent le tempo avec précision, justesse et… simplicité.
Un langage particulier se crée. On les comprend, on les suit.

Le guitariste brésilien n’est jamais démonstratif tellement on le sent « facile » dans la dextérité. Il y a une élégance et une grâce qui émane de son jeu.
Il multiplie les prouesses, jouant avec délicatesse dans les graves pour pallier l’absence de contrebasse.
Il y avait de la créativité et de la brillance ce soir…

Ce fut deux sets de musique intense, forte et personnelle qu’on a eu l’occasion d’entendre avec deux musiciens sur la même longueur d’onde.

Une expérience à renouveler et à suivre sans aucun doute…

Après le concert, j’ai eu l’occasion de bavarder pas mal de temps avec Nelson (que l’on reverra à nouveau en Belgique avec Octurn, entre autres) à propos de son parcours, son jeu, ses projets. Et aussi avec Stéphane (qui a un agenda assez chargé avec VSPRS).

Bref, une bien belle soirée pour démarrer 2007 en force.

Merci encore Jean.

A+

20:39 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : ccans, nelson veras, stephane galland |  Facebook |

Commentaires

Jazz Al'Trappe Merci bcp pour l'article, cela me fait plaisir...
J'en profite pour remercier les bénévoles du Club Jazz Al'Trappe : Florence,Lucien, Jimmy et Claude.
A bientôt

Écrit par : jean mallamaci | 07/01/2007

* C'est moi qui te remercie encore !

A+

Écrit par : jacques | 07/01/2007

Les commentaires sont fermés.