30/11/2006

Bart Quartier Quintet - De Werf à Bruges

Samedi dernier (le 25, donc), je suis allé à Bruges.
Pas pour aller me balader sur les canaux, mais parce que Bart Quartier jouait au De Werf.
Bien sûr, j’aurais pu aller écouter Bart quelques jours plus tôt au Palace à Bruxelles, c’était plus près de chez moi.
Mais Bruges n’est pas si loin après tout, et l’accueil au Werf est toujours sympathique.
En plus, l’acoustique est idéale.

C’est là que Bart Quartier présentait son nouvel album «Thank You».

bart quartier werf










Le quintet démarra le concert avec le très swinguant «Tea Bag» de Mike Mainieri (fidèle ami de Bart, avec qui il avait joué au Brosella cet été, notamment) avant de poursuivre avec «Rustling».
«Rustling» est le morceau qui ouvre l’album.
J’aime beaucoup ce thème, franc et direct. J’aime la couleur qui est dégagée par le mélange du soprano de Bart Defoort et le bugle de Nico Schepers. Il y a un relief particulier et un groove, un peu retenu, qui lui donne une belle énergie.
Le placement est parfait.

C’est là qu’on se dit qu’on a d’excellents jazzmen en Belgique.

Le jeu de Bart Defoort est vraiment formidable.
Je l’ai déjà dit.
Mais sa manière de découper les notes, de les assembler puis de les dérouler avec justesse et délicatesse, me laisse toujours admiratif.
C’est net, sans bavure… parfait.
Et quand il doit être éclatant, il n’hésite pas non plus.
Lors du deuxième set par exemple, sur «Doodle», il mettra véritablement le feu aux poudres. En prenant des chorus puissants et précis, il entraînera avec lui Jean-Louis Rassinfosse à prendre un solo exceptionnel de virtuosité et de swing.
Nico Scheppers en profitera pour se mettre en avant lui aussi, avec un solo puissant.
Son jeu à la trompette me fera penser un peu à Fats Navarro. Nico me confirmera qu’on le lui a déjà fait la remarque. Ça me rassure, je n’ai pas une si mauvaise oreille que ça…

Semblant de rien, ça swing et ça groove. En toute simplicité.
Quand je pense que Bart Quartier me disait avoir craint un moment que l’ensemble soit un peu trop «doux», je peux l’assurer du contraire.

Bien sûr, il y a des moments plus cool et intimistes, comme «Serene» (trompette très «Chet Baker» et contrebasse profonde) ou «Thank You», où le vibraphone résonne de manière «capiteuse»… Oui je sais, «capiteuse», ça ne se dit pas vraiment, mais c’est le sentiment que j’ai en écoutant ces morceaux. Ce côté un peu mélancolique mêlé à une douce euphorie qu’on éprouve quand on déguste un vin charpenté et riche, un soir d’été…

A la batterie, Jan De Haas est vraiment juste. Est-ce parce qu’il est vibraphoniste lui aussi que son jeu s’intègre aussi bien à celui de Bart ?
Il soutient toujours un groove parfois délicat comme sur «Papillon», et parfois plus ferme comme sur le merveilleux «08.00 a.m.» qui me rappelle par moments le fameux «Gazzelloni» d’Eric Dolphy avec Bobby Hutcherson .
Il y a pire comme référence, non ?

Avant de discuter avec les musiciens autour d’une ou deux bières, on aura encore droit à quelques bons moments avec «Go» ou «Peps».
Ou encore le délicat «Eaux Dormantes», sorte de valse lente où Jean-Louis prendra un solo lumineux et plein de fantaisies (il n’y a que lui pour jouer de cette manière)…

Bref, voilà un beau projet qui fait vraiment du bien à entendre.
Et qu’on espère voir souvent.

Thank you, Bart.

A+

23:35 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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