12/11/2006

Giovanni Falzone "European Ensemble" au PP Café

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La semaine dernière fut intense et je n’ai pas eu le temps d'aller écouter Jef Neve à l'AB, ni de relater le concert de Giovanni Falzone « European Ensemble » au PP Café .

C’était jeudi 2 novembre.
Déjà.
Il y a plus d’une semaine… il y un an, un siècle, une éternité comme dirait Joe Dassin.

Excusez-moi, je m’égare…

Je connaissais Falzone pour en avoir parlé avec Robin Verheyen il y a quelques mois.
Et pour cause, il venait d’enregistrer avec lui, peu avant.

Amusante, cette rencontre.
En effet, les musiciens, qui ne se connaissaient pas vraiment, se sont rencontrés par hasard chez Bruno Angelini à Paris et ont joué ensemble pendant quelques heures.
Giovanni Falzone, sentant comme un « fluide » passer entre les musiciens proposa aussitôt de former l’European Ensemble, d’entrer en studio au plus vite et d’enregistrer ses compositions.

Ça n’a pas traîné : un mois et une répétition plus tard, les voilà en studio en Italie.
Là aussi, pas de tergiversation, le groupe enregistre l’album en une petite journée, afin de garder la spontanéité, la fraîcheur et la pulsion nécessaire à cette musique.
Tout cela, sans oublier un excellent dîner (dixit Robin et Bruno) entre les prises du matin et celle de l’après midi…
On cerne mieux, dès lors, l’état d’esprit du quintet
Résultat, le disque est sorti début octobre sur le label italien « Soul Note ».

Et une tournée fut organisée. Incluant trois soirs en Belgique : au Pelzer Club à Liège, A Jazz Experience à Rijkevorsel et au PP Café à Bruxelles donc.

Le concert débute par une sorte de blues modal qui déviera petit à petit vers un jazz plus ouvert laissant le champ libre à des impros qui titillent parfois le free. Un morceau construit par « strates » qui offre à chaque musicien un espace de liberté qu’approuve avec beaucoup d’expressivité le leader.

On sent le trompettiste vraiment investi et excité par la musique. On le sent aussi pousser les autres musiciens… qui n’en demandent pas moins.

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D’ailleurs, Robin Verheyen fera une intro très free et puissante («Three for One») sur laquelle rebondira avec énergie Falzone.
On sent l’interaction très forte entre les musiciens qui s’entendent à merveille et qui leur permet d’être très créatifs. Comme l’est, par exemple, l’intervention au piano de Bruno Angelini, à la fois «bancale» et décalée mais tellement juste. Dans un esprit très «Monkien»

C’est un peu la marque de fabrique du groupe : cette façon de démarrer sur des thèmes accrocheurs et «groovy» (comme «Venggente» ou «Vite in Piattaforma») avant de s’offrir une totale liberté d’improvisation.
Mais tout le monde s’y retrouve toujours. On ne part pas dans des délires incontrôlés. Ça reste frais, direct et très spontané.
Il faut dire que la rythmique, assurée par l’excellent batteur français Luc Isenmann et le contrebassiste italien Mauro Gargano, est d’une efficacité redoutable.
On vogue entre «tradition bop» et jazz contemporain.
Toujours énergique et plein de surprises.

Les variations sur «Pericoloso Pensare», par exemple, sont sublimes. Angelini y est à la fois énervé et mélodieux, plaquant ici des accords, allant «chercher» là des notes incroyablement mélodieuses.
Robin, lui, se balance d’avant en arrière pour monter en une spirale infernale et tendue, jusqu’à presque en perdre haleine.
Et Giovanni fait claquer sa trompette à coups de langue avant de souffler à plein poumon et offrir un son généreux et brillant.

L’introduction très « stride » du pianiste sur l’hommage à Chaplin,« Machine-Man », est, elle aussi, merveilleuse de justesse et de modernité.

Avant le rappel (demandé par un public très enthousiaste), on aura droit à un standard («But Not For Me») revisité avec autant de sensibilité que d’exaltation.

Après le concert, j’en profite pour discuter longuement avec les musiciens.
D’abord avec Bruno Angelini (je vous conseille vivement d’écouter son album solo sorti chez Minium , «Never Alone», reprenant les morceaux de l’album mythique de Ran Blake et Jeanne Lee : «The Newest Sound Around»), à propos du jazz et la façon de l’appréhender et le « diffuser ».

Mais je discute aussi avec Robin, qui retournera bientôt à New York et qui travaille sur un projet avec Bill Carrothers (c’est par «rien» non plus, ça!).

Et puis, bien sûr, avec Giovanni, à propos de son parcours, de la genèse de ce projet et des concerts à venir (dont un duo en Italie avec Bruno Angelini).


Bref, ce fut une bien belle et sympathique soirée.

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Quant au PP Café, il accueillera pendant quatre jours Anthony Braxton !!!
Perso, je verrai aussi Braxton (entre autres) avec un autre «line-up» à Genk lors du Motives Festival.
On en reparlera. C’est sûr.

A+

17:26 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Giovanni Falzone Hello

Very nice concert review. But the 'European Ensemble' actually had 4 concert dates in Belgium. The first one was on the 31st of october in our club CantaloupeCafe in Aarschot. You can look at some pictures on our website http://www.cantaloupecafe.be .
It was magnificant performance and the band was really happy and surprised by the reactions from the crowd.
It's true what you say about the musicians, they are indeed very friendly and kind people. We enjoyed the conversations we had with them.

Best regards

Joachim Ceulemans
CantaloupeCafe vzw

Écrit par : joachim | 23/11/2006

oooops... Dag Joa.
Jij heeft gelijk, ik ben Cantaloupe Cafe vergeten.
Ik hoop dat jij vergeven me.
; -)
Ik zal proberen een dag te komen om naar een concert bij Cataloupe Cafe te luisteren.

(Geef een "dikke kusje" aan Melanie voor mij ! :-)))

Dank je voor je post.

A+

Écrit par : jacques | 24/11/2006

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