30/10/2006

Les "Chemins Croisés" de Nathalie Loriers au Music Village

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Aviez-vous remarqué que ce mois d’octobre était celui des anniversaires ?
Par exemple, le 20, c’était celui d’Ivan Paduart. Le même jour que moi !
Mais pas la même année…

La week-end dernier, c’était à Nathalie Loriers de fêter le sien.
Pour cela, Paul Huygens avait invité Nathalie durant trois jours dans son club: The Music Village.
Le premier soir, c’est en duo avec Philip Catherine qu’elle se produisit.
Le dernier soir, c’était avec son trio et Bert Joris en guest.
Et entre les deux, c’était avec le projet «Chemins Croisés».
Et j’y étais.

J’avais déjà vu (tout comme les deux autres «formules») ce groupe à Charleroi, puis au festival Blue Note à Gand.
Chaque fois avec Gianluigi Trovesi aux clarinettes et Joël Allouche aux drums.
Ce soir, c’était Fabrice Alleman et Jan De Haas qui avaient pris place, respectivement, à la clarinette et derrière la batterie.
Contrairement à Fabrice, c’était la première fois pour Jan de jouer sur ce projet.
Bien sûr, le son et le jeu est bien différent de celui de Joël: il semble plus présent. Surtout lors du premier set.
Lors du deuxième, Jan jouera plus comme un «percussionniste» que comme un batteur. Et je trouvais cette manière bien mieux adaptée à l’ensemble.
Pourtant, la version proposée en début de concert de «L’Auberge Des Femmes» fut superbe d’explosivité et de tension.
Peut-être étais-ce dû aussi au jeu époustouflant de Fabrice Alleman?
Il pousse au plus loin son jeu à la clarinette. Il atteint des aigus insensés.
Il y met une énergie extraordinaire, s’obligeant à se contorsionner, se plier, à sauter… bref, à «danser» avec son instrument.
Le son est tout différent de celui de Trovesi, certes, mais non moins intéressant. C’était tout bonnement fabuleux.
Il remit cela en fin de concert avec «Kalila et Dimna», au moment où la «folie des hommes» s’empare du thème… et des musiciens.

Bien sûr, il ne faut pas oublier les moments d’intense intimité et de sensibilité lorsque Karim Baggili et Nathalie dialoguent subtilement sur «Zaïak».

Karim joue sur les silences pour en faire retentir encore plus profondément le son du Oud. Un son sec et chaud d’une incroyable résonance.
Un son qui se marie admirablement bien aussi à celui de la contrebasse sûre et rassurante de Philippe Aerts.

Et puis, faut-il encore mettre en avant le jeu merveilleux de la pianiste ?
Il faut l’entendre sur «Le Voyageur Et Son Ombre», jouant sur la retenue, le temps suspendu.
Ou alors de manière tendue sur le brillant et bondissant «Neige», tout en «break» et nervosité contrôlée.

Hé oui, voilà encore un concert différent de ce que j’avais pu entendre auparavant.

Je vous conseille bien sûr l’album, sorti il y a peu chez De Werf et choniqué ici , de manière concise et néanmoins très claire par Mwanji .

A+

21:22 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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