30/07/2006

De Biasio, Mohy and guests au Music Village



Le boulot, la chaleur, les stages des enfants…
Après une grosse orgie ( … oui enfin,... un rythme habituel ) de concerts de jazz ( Liège, Brosella, Klinkendemunt, Blue Note, entrecoupés d’autres concerts… ) j’ai bien été obligé de « lever un peu le pied ».
Pourtant il y avait des choses à voir et à entendre.

Alors, samedi soir, j’ai emmené la petite famille au MusicVillage pour écouter Mélanie De Biasio.

J’aime beaucoup cette chanteuse et j’essaie de la voir régulièrement. Ici ou , par exemple.

En cette fin juillet, le club lui ouvrait la scène pour toute une semaine.
Belle idée qui permet aux différents musiciens de tester différentes formules. Ou pas.
Et ce soir, Mélanie avait invité Teun Verbruggen.
Le trio était donc un quartet.

Ce « petit plus » était bien venu, finalement.
Enrichir sans dénaturer le chant très personnel de De Biasio, c’est ce que Teun a réussi à faire. Chapeau.
Pimentant de quelques frappes sèches et mates à la fois, il ne se contenta pas d’accompagner Mélanie.
Je la voyais d’ailleurs sourire lors des interventions du batteur.

Mais elle reste très attentive, très concentrée et toujours à l’écoute des autres musiciens. Elle dirige sobrement le trio, rebondit sur le chant profond de la basse de Axel Gilain, laisse s’envoler Pascal Mohy vers de belles improvisations…
Elle vit vraiment les standards, se les réappropriant en un chant intime et très convaincant ( « Black Coffee » ou sa chanson fétiche « Come Rain Or Come Shine », par exemples) .
Elle ira même jusqu'à interpréter un morceau plus « swinguant » et enlevé, comme pour prouver qu’elle peut le faire. Et… pas de surprise, elle le fait très bien.

Mais le style de Mélanie, c’est le tempo lent, les phrases déposées délicatement, la profondeur et le sens des silences étirés.
J’adore ces ambiances-là.
Amateur de jazz ou pas, goûtez-y.
On y succombe.
C’était en tout cas l’effet qu’a eu ce concert sur … « ma petite famille »…

A+

23:27 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

22/07/2006

Brosella '06 ( extension... )

Pour prolonger un peu le Brosella 2006, voici un lien vers FM Brussel, où vous pourrez entendre les impressions de certains artistes présents lors de ce festival.

Les interviews sont réalisées par Jempi.
Certaines sont en néerlandais, d'autres en anglais et français.

( Thanks Bart ! )

A+

17:38 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

20/07/2006

Carte Postale du Blue Note Records Festival 2006


Jeudi dernier débutait le Blue Note Records Festival à Gand.
Je ne vais pas vous faire une revue de détails ( parce que : « article pour Citizen Jazz et bla bla bla ... ». Vous connaissez le discours.)

Alors voilà quelques impressions.

Le concert de Carlos Nardozza qui ouvrait les festivités était en dents-de-scie.
Des moments bien et d'autres... passables.
Le guitariste en faisait souvent trop... Et surtout pour rien.
Le saxophoniste par contre mérite une belle écoute. Impressionnant.

Dianne Reeves. Impeccable, pro, fidèle à elle-même, drôle.
Voix sublime, sens de la mise en place et du contact avec le public.
Mais bien sûr, c’est sans surprise.

















Vendredi, sous la tente, j'ai raté le Sound Plazza de Kris Defoort. J’ai juste entendu les deux derniers morceaux.
Même si c'est "difficile" de plonger à froid ( si l’on peut dire par ces jours de grand beau temps ! ) dans ce genre de musique, c'était du haut vol.
Il paraît que c'était d'ailleurs très bien d'après les échos que j'en ai eu par la suite.
Cela ne m’étonne pas. Et je râle de n’en avoir pas vu plus.

David Murray et le Gwo Ka était assez répétitif. Toujours sur le même rythme.
Peu de folie, de cassures. Si le concert avait été debout, peut-être que cela aurait donné quelque chose de différent, car cette musique frénétique et lancinante est faite pour être dansée....
Bref, moins bien qu'à Flagey, ça c'est sûr.

Par contre JohnZorn !!!! ( 1 ) Fantastique!!!
Une heure à fond. Une heure d'un niveau extraordinaire. Quel groupe!
Quelle claque.Quelle écoute entre eux, quel esprit!
Fantastique!
Zorn est LE boss de la formation et tous répondent au doigt et à l’œil ( au sens littéral ) du chef.

Samedi, Vann – Galland – Washington proposent un set très blues, assez roots.
Assez loin des expérimentations et de l'énergie du concert à l'Archiduc.
Pas mal mais un peu trop sobre…

Eric Legnini trio, fantastique. Comme d'habitude.
Et comme d’hab, c’est ce que je lui dit backstage à la fin du concert…
Du jazz ( soul ) qui ne peut que réjouir un public de festival. Musique immédiate, accrocheuse et exécuté de main de maître.

Jason Moran ( 3 ), vraiment bien.
Mélange de hip hop, stride, blues... Tout cela avec humour. Moins de "dextérité" que Legnini sans doute, mais une sacrée justesse et un sens de la mise en scène.
Ce type à « digéré » toutes les musiques qui l’entourent.
Superbe de modernité et de respect à la tradition.

Wayne Shorter ( 2 ) mmmmmouais.
Très "intello", très écrit ( ?? ).
Une musique qui penche beaucoup vers la musique contemporaine. Pas vraiment d’évidente cohésion entre eux et des impros qui semblent ne mener nulle part.
Ok, il y a bien eu deux chorus assez superbes...
Un batteur délirant ( mais pour raconter quoi ? ), un bassiste impeccable et Danilo Perez au piano. Du beau monde sur scène… certes.
Mais quand on parle à la tête sans passer par le cœur…

















Dimanche, Paolo Fresu (4 ) et son quintet.
Très drôle, sympa, joyeux, détendu. Impeccable. Du Fresu quoi.
En été c'est parfait.
Et puis, il a quand même un super son de trompette et du buggle. Et son saxophoniste, mis à l’honneur pour ce concert ( c’est lui qui a écrit la plupart des pièces jouées cet après-midi ) était lui aussi au top niveau.

Nathalie Loriers, et son projet « Chemins Croisés », était très lyrique, très sensible et assez introverti.
Sobre.
Un poil trop peut-être.
Il y eut peu de place pour Trovesi, duquel j’attendais un peu plus de folie.
Mais l’ensemble fut plutôt agréable et recueilli. Comme il se doit sans doute pour ce genre de musique…

Texier - Sclavis - Romano! ( 5 ) Alors là… de la bombe!
Tout y est là-dedans! Humour, impros, free jazz, cohésion, mélodies...
C’était fort, c’était simple, c’était juste. C’était génial à tous points de vues!
Et j’ai d’ailleurs eu l’occasion de le lui dire backstage aussi.

Quant à Charles Lloyd ( 6 ), dans un tout autre genre, ce fut ici aussi exceptionnel!
Zakir Hussain aux tablas, en duel avec Eric Harland à la batterie ( mais aussi au piano! ) fut magique.
Les rôles des musiciens s’inversent, se mélangent. Ils nous emmènent en voyage et on les suit du début à la fin. Fascinant...

Puis, le Blue Note Records Festival, c’est aussi l’occasion de boire quelques Duvel et de discuter avec Piet ou Tom ( les piliers du Jazz Forum ), Manolo Cabras et Lynn Cassiers, Robin Verheyen, Jempi, Jos Knaepen, Piet Verbiest ou Chris Joris, entre autres… Car même Gégé et Sté avaient fait le voyage pour écouter Dianne Reeves.

A+

21:42 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/07/2006

Brosella '06


Le temps passe trop vite.
Le Brosella, c’était dimanche dernier ( le 9 ) et je n’ai pas encore eu le temps d’en parler.

Le public était nombreux pour cette 30ème édition.
Pour fêter ça, pas de feux d’artifices ni de décors particuliers, mais un superbe programme.















J’arrive quand Richard Galliano monte sur scène. Je n’avais entendu que la fin de sa prestation lors du festival Jazz à Liège. Ce qui m’avait un peu frustré.

Ici, sous le soleil, c’est tout son univers qui étincelle.
Comment le définir ? De la musique argentine d’abord ( et autres musiques sud-américaines ), un soupçon de musique orientale, quelques gouttes de musiques tziganes, un zeste de chanson française, le tout emballé façon jazz…
Galliano, c’est tout ça à la fois. La chaleur et l’âme en plus.
Galliano fait respirer littéralement son accordéon. Mais il fait aussi jouer ses compagnons ( dont l’excellent violoniste Alexis Cardenas ) et construit avec eux une musique tantôt festive, tantôt mélancolique.
Et puis, il joue beaucoup sur les percussions. Non seulement avec celles de Rafael Mejias , mais aussi avec Jean Philippe Viret à la contrebasse, qui la griffe, frotte et frappe. ( A Liège, c’était Philippe Aerts qui tenait ce rôle.)
Superbe moment.

Entre deux concerts, je discute avec Tuur Florizoone venu voir le « maître » avec qui il a déjà joué… Et ça pourrait peut-être se reproduire ( croisons les doigts ).
En lui demandant pourquoi il avait choisi cet instrument, Tuur m’explique son premier contact ( fortuit ) avec l’accordéon, mais me lâche surtout cette phrase merveilleuse : « Tu réalises que c’est l’instrument qu’il te faut. C’est comme si tu découvrais que tu étais homosexuel… et tu te dis wooooo… c’est extraordinaire ça. »
Personnellement, je n’ai aucun point de comparaison, mais ça m’a beaucoup fait rire…














En attendant c’est Amina Figarova qu’on retrouve sur scène.
Un septet énergique qui me fait penser par moments à la formation « Extension » de Nathalie Loriers. Avec, peut-être, la notion d’arrangements pour mini big band en plus.
Le toucher de la pianiste est subtil sur des ballades intimistes comme « Dawn » ou « When The Lights Goes Down », mais aussi très percussif sur d’autres morceaux comme le très bouillonnant « Trying To Focus ».
Le batteur Chris Strik, très expressif et grimaçant, y est sans doute pour quelque chose. Il emmène avec lui Marcel Reys ( tp) mais surtout les saxophonistes Kurt Van Herck et Tom Beck.
Quant à Bart Plateau, il ramène l’équilibre et la finesse avec de superbes envolées à la flûte.

Belle découverte pour moi qui voyais Amina Figarova sur scène pour la première fois.
Sans doute pas la dernière.
















Sur la petite scène, là haut sous les arbres, Bart Quartier avait invité Mike Mainieri.
C’était intéressant d’entendre ces deux vibraphonistes extraordinaires sonner différemment.
Un son un peu plus « rond » pour Mainieri et un autre plus « métallique » pour Quartier.
L’équilibre était cependant parfait et la musique de haut vol.
Après avoir attaqué avec « Tee bag » ( dans lequel il me semble reconnaître quelques influences de Freddie Freeloader ), le quartet enchaîne avec un thème plus latin ,« Pools », où Rassinfosse pourra s’exprimer formidablement. ( Sans oublier d’y introduire ici aussi quelques citations de « Work Song » d’Adderley ).

Puis c’est un très tendre « Stella By Starlight » que le groupe « susurre » au public ( on regrettera d’ailleurs d’être près du bar à ce moment-là, à cause du bruit ) soutenu délicatement par un Jan De Haas impeccable.
Le groupe terminera son set par un blues tendu. Efficace.
Un cd de Bart Quartier devrait bientôt sortir.
Sans Mainieri, mais avec Bart Defoort. C’est la formation que j’avais eu l’occasion d’entendre, il y a un ou deux ans, au Music Village.
Un disque plein de promesses…
















De l’excellent, c’est ce qui nous attendait aussi avec le BJO qui était conduit aujourd’hui par Gian Luigi Trovesi.
Et voilà le BJO qui sonne encore différemment.
La touche italienne est évidente. C’est enlevé, ensoleillé et bourré de clins d’œil.
Peter Hertmans aura plusieurs fois l’occasion de se mettre en avant de belle manière. Parfois même de façon un peu funky.

Sur « From J to J », c’est Gino Latucca qui sera soliste. Et quel soliste !
Je ne le dirai jamais assez, Gino possède un merveilleux son de trompette.
Et dans ce thème, qui voyage entre la musique de film « peplum » et le blues « mystérieux », Dieter Limburg et Nathalie Loriers imposeront aussi leurs touches.
Le big band s’amuse sur le podium, la bonne humeur est visible et la musique s’en ressent.
Entrecoupé de quelques interventions de Trovesi à la clarinette basse ou au soprano, le BJO repart avec des thèmes festifs et délirants qui me font parfois songer au « Sacre du Tympan » de Fred Pallem.
Puis,il revisite le style Count Basie ( façon « Li’l Darlin’ » ), fait un clin d’œil à Irving Berlin ( à la manière de « Puttin' On The Ritz » ) et salue aussi Lalo Schiffrin…
Bref, plein de couleurs et d’influences… mais toujours la maestria unique du BJO.
Franck Vaganée me dira qu’on peut s’attendre à voir ce projet plus régulièrement courant 2007.
Bonne nouvelle.
















Après avoir discuté avec Piotr Palluch et Wakas en pleine recherche de distributeurs en Europe pour les KMG’s, je suis de retour sous les arbres pour assister au concert de Christophe Astolfi.
Toujours aussi swing et bop, Christophe va pourtant souvent plus loin que le style « Django » pour insérer ici et là quelques distorsions « Hendrixiennes ».
C’est comme cela qu’il introduit la très belle ballade « Les derniers matins ».
Ben Ramos ( b ) et Max Silvapulle ( dr ) assurent une rythmique bien rodée.
L’endroit et le temps est idéal pour écouter « Swing 01 » ou « Rumba Michel ». C’est frais, dansant, agréable et surtout joué avec beaucoup de personnalité et d’investissement.
Il faut y goûter si vous en avez l’occasion, ce n’est que du bonheur.
















Enfin, pour terminer ce week-end d’anniversaire, le Brosella avait invité son « parrain » : Toot Thielemans.

Accompagné par des « jeunes » jazzmen, l’ami Toots nous offrira une très belle prestation.
On a beau connaître par cœur ses anecdotes, ses thèmes… cela reste toujours un plaisir.
Surtout quand Toots est en forme.
Et c’était le cas. Il suffisait de voir comment il balançait les jambes lors de ses interventions.

Ewout Pierreux au piano est d’une merveilleuse délicatesse et le contact avec Toots est parfait.
On ressent la même chose avec Manolo Cabras ( cb ) et surtout Steven Cassiers ( dr ).

Pourquoi Toots n’a-t-il pas enregistré un tel projet avec ces jeunes-là, plutôt que l’insipide « One More For The Road » ( avec Lizz Wright, Madeleine Peyroux, Jamie Cullum…) ?
( Même lui se pose la question. Il suffit de lire l’interview très franche, tellement lucide et honnête de Toots dans le magazine Jazzman de ce moi-ci pour s’en rendre compte. )

Toots égrène donc son répertoire, ses coups de cœur, ses grands succès mille fois entendus, mais dont on ne se lasse pas.
Ainsi on entendra « La Forza Del Destino », qu’il a joué en solo dans « Jean De Florette » et qu’il commente avec humour ( « Ici, Depardieu meurt. », « …Maintenant c’est Yves Montand qui meurt… » ) , puis « Midnight Cowboy »…
Mais il rend aussi hommage à son grand ami Jaco Pastorius avec « Three Views Of A Secret ».
Il mélange « Summertime » et « All Blue » pour recréer un thème unique.
Reprend « Alone Toghether » et termine avec son hymne : « Bluesette » façon brésilienne avant un rappel et une récompense : le Zinneke d’honneur de la ville de Bruxelles… Enfant des Marolles oblige.

Le théâtre de Verdure était noir de monde durant toute la journée.
Et cela, malgré la finale de la coupe du Monde de foot.
C’était pas un beau cadeau pour l’association du Brosella, ça ?

A+

15:42 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

11/07/2006

Mariana Tootsie - Ivan Paduart au Sounds















Pas de « petite finale » sur grand écran ce soir au Sounds. ( Sergio et Rosy se réservaient pour la finale de dimanche… Le choc des chocs.)

Par contre, c’était presque « gala », car Mariana Tootsie avait convié Ivan Paduart, Sal La Rocca et Joost Van Schaik à l’accompagner ce soir.

J’avais déjà entendu Marianna une fois ou deux ( essentiellement lors de jam’s ), mais jamais pour un « vrai » concert.
Bon, c’est vrai que c’était un peu particulier puisque ce n’était pas son groupe habituel ( il me semble qu’on y retrouve plutôt Raph Debacker, Ben Ramos ou Sam Rafalowicz, si je ne dis pas trop de bêtises ).
Mais un concert avec Ivan Paduart, ça ne se refuse pas.

Après un ou deux morceaux joués sans elle, Mariana Tootsie monte enfin sur scène.
Elle possède décidément une très belle voix. Elle a une aisance et un charisme évident…Et cela malgré le fait que le quartet n’ait eu que peu de temps pour répéter.

Alors, démarrer avec « Il Paradiso Dei Cacciotielli » de Maria Pia De Vito, c’est un peu comme courir un 3000 m sans échauffement.
Hé bien, Mariana s’en sort plus que bien. Elle impose directement son style et ne cherche pas à imiter la chanteuse italienne.
Le seul « hic », à mon avis, vient du choix du batteur pour ce genre de concert. Joost est un excellent drummer, mais dans ce contexte-ci, il était un peu trop envahissant. Lors de « My Favorite Things » par exemple c’en devenait presque assourdissant ( ok, j’exagère un peu ). Dommage, car sur ce morceau, il y eut de beaux moments où Ivan Paduart fit de belles digressions et nous offrit de belles impros par exemple.
Sal La Rocca, quant à lui, fut impeccable: justesse, groove, subtilité… Parfait de bout en bout.

Mais la machine se rode peu à peu…
Et on termine le premier set avec un morceau brésilien suivi de « Popsicle Toes » où l’on sent le groupe plus « uni » et Marianna plus à l’aise.

Pour le deuxième set, après avoir à nouveau démarré sans la chanteuse, ( avec le très beau morceau de Paduart « Igor » ) il semble que le « répertoire » soit plus adapté au chant de Tootsie.
On est plus dans le blues, dans le « roots ». Et ça lui va à merveille.
On sent le quartet un peu plus libéré. Ça respire mieux.
Du coup, on a droit à un très beau moment quand Ivan et Marianna entament en duo « The Man I Love » avant que le reste du groupe ne les rejoigne.

Une chanteuse à suivre...
Mais ne vous inquiétez pas, je vous tiendrai au courant !

A+

08/07/2006

Klinkende Munt '06

Au bout de la rue Antoine Dansaert, sur la Place Ste Croix, à lieu traditionnellement le Festival Klinkende Munt organisé par le Beursschouwburg.
La programmation ouverte, éclectique et sans œillères fait la part belle au jazz. Qui s’en plaindrait ?

Du jazz qui lorgne donc vers le rock, le rap, les musiques du monde. Bref, du jazz actuel.













Klinkende Munt proposait entre autres Acoustic Ladyland ce jeudi.
Bande de fous furieux anglais dont je ne connaissais que le disque Last Chance Disco.
Et j’avais vraiment envie de voir ce que ça donnait sur scène.

Hé bien, si le disque est déjà bien explosif, nerveux et très rock, sur scène c’est pareil en dix fois plus fort.
Fort dans le sens des décibels, car c’était vraiment face à un "mur du son" que l’on s’est retrouvé.
Le public, qui au début s’était approché de la scène, se retrouve petit à petit derrière ( ou presque ) la table de mixage.
Et le mixage, à propos? Simple : à fond.
Résultat : pas de subtilité, pas de dynamique, pas de modulation.
Acoustic Ladyland joue à fond, façon punk heavy trash metal. C’est amusant un moment. On a envie de danser le Pogo.
Mais à la fin, ça lasse…
Peter Wareham à beau y mettre un cœur gros comme ça et une énergie débordante - à presque ne plus pouvoir souffler dans son sax - on reste plutôt cloué sur place.
Effet désiré inverse en quelque sorte…














Ce vendredi, c’est d’abord Kurt Van Herck, Jacques Pirotton et Mimi Verderame qui débutent la soirée.
Une petite mise en place avec un thème de Monk, avant de poursuivre avec la plupart des morceaux de l’album Le Mariage .
Parfois intimiste ou un peu sophistiquée dans sa construction, cette musique demande une attention particulière pour en apprécier la richesse et la beauté.
Pas facile, quand une partie du public discute bruyamment ou qu’à l’extérieur du chapiteau un match de basket fait rage.

Le jeu de Kurt est quand même d’une grande finesse et d’une belle intensité. Et Pirotton se permet des impros incisives qui montent en puissance. Quant à Mimi Verderame, il assure solidement à la batterie.
Le trio aura finalement les honneurs d’un rappel spontané… et amplement mérité.
Ce qui manquait peut-être à cette formation ( on sait Kurt assez réservé ) était un certain « contact » avec le public… ?
A revoir en club, assurément.

Pendant la pose, je discute avec Mwanji et Ben Sluijs de musique, de la Coupe du Monde ou de comment combattre l’extrème-droite, …
Dans le petit village, je croise Teun Verbreugen, Erik Vermeulen, Marek Patrman, Eve Beuvens, Jérôme Colleyn, Geoges Tonia Briquet, etc…












Tout le monde est au rendez-vous pour écouter The Bad Plus.
J’aurais déjà dû les voir deux fois en concert ( à Anvers et Bruxelles ), mais un sommeil profond m’avait empêché d’être à l’heure pour l'un et une réunion interminable avait eu raison de mon billet d’entrée pour l’autre…

Ce soir, j’étais aux premiers rangs. Et ce fut formidable.

J’avais beaucoup aimé l’album "These Are The Vistas", moins "Give" et étais donc très curieux de voir enfin ce groupe sur scène.
Phénomène éphémère de mode ou vrai style et vraies idées ?
Hé bien, après le concert je penche définitivement pour la seconde proposition.
Une présence sur scène indéniable, de l’humour, du second degré mais un ton et un discours unique.

The Bad Plus développe ce son si particulier entre le rock-pop et le jazz, sans en utiliser les clichés.
Rien n’est compliqué, mais rien n’est simpliste. C’est la force de ce groupe.

Ce qui saute aux yeux tout de suite, c’est Dave King à la batterie. Larges épaules, sourire carnassier et drumming nerveux, efficace et… puissant.
Mais ici, la puissance est distillée, équilibrée, ce qui renforce l’énergie, l’adrénaline, la tension.
Reid Anderson à la contrebasse, ensuite, impose un jeu très harmonique et percussif à la fois. On passe du blues à un jazz des plus déstructurés avec un esprit de cohésion parfait.
Et bien sûr, au piano Ethan Iverson jette les bases des thèmes pour mieux les découdre et les reconstruire.
The Bad Plus passe à la moulinette de manière intelligente ( mi-respect, mi-humour ) des "classiques pop" tels que "Chariots Of Fire" ou "This Guy’s in Love With You" ( de Bacharach, immortalisé par Johnny Mathis ) en passant par le free jazz d’Ornette Coleman, le rock underground d’un groupe New-Yorkais ( Nark ?), des compos personnelles ( comme l’excellent "Rhinoceros is my profession" ), avant de revenir à une version improbable de "We Are The Champions".

L'unité du groupe est merveilleuse, ils jouent avec les silences, les break, les accélérations, les impros. Le son est impeccable, permettant d’entendre vraiment la richesse du jeu de chacun, sans en diminuer l’intensité ni la puissance.
Merveilleux concert.
Et puis, le contact de Ethan avec le public est immédiat. Il présente avec humour et décontraction les musiciens ( à la manière des shows télévisés américains ) ou raconte quelques anecdotes concernant les morceaux…
Que du bonheur.


Et ce n’est pas fini, car après le concert, je rejoins Mwanji en pleine conversation avec les membres du groupe. Et nous nous retrouvons tout naturellement à l’Archiduc en compagnie d'Ethan Anderson pour parler jazz, musique, voyages etc…
Nous sommes rejoins ensuite par Reid Anderson et l’ingénieur du son…
Sympathique et amusant moment qui nous empêchera de voir le dernier concert au Beurs...
Et voilà comment on se retrouve sur le blog de The Bad Plus… :-)

A+

16:12 Écrit par jacquesp dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

04/07/2006

Deux trios et un poisson volant au Sounds

Samedi dernier, le Sounds accueillait, comme l’année précédente, les 3 participants du concours « Jeunes Jazzmen » organisé lors du Jazz Marathon.

Sur le coup des 11 heures, Sergio range l’écran géant sur lequel était projeté le match France – Brésil.
















Sur scène, se présente alors le Prischi-Palomba-Yates Trio.
J’avais déjà eu l’occasion d’entendre Benjamin Prischi lors d’un concert à la Jazz Station avec Jean-Louis Rassinfosse. Et je dois avouer qu’il m’avait laissé un excellent souvenir. Idem pour Nicolas Yates que j’avais vu avec Manu Champagne et aussi avec 4 IN 1.
Hé bien, après avoir entendu ce soir ce trio, je pense qu’il a de beaux jours devant lui.
On parie ?
Ils ont commencé le concert avec « Bemsha Swing » de Monk, de manière très personnelle. A la fois « bluesy » et alangui. C’est pas rien de trouver un style sur un morceau de Monk, quand même.

Sur un thème de Wayne Shorter, le trio se fera cependant un peu plus « classique »…
Mais avec « Alone Together » on retrouvera à nouveau cette fraîcheur, cette spontanéité. Le batteur par exemple, Guillaume Palomba enrichit le morceau par des interventions subtiles et créatives. ( A la Roy Haynes ?).
Excitant.
Prischi, lui, sait se faire lyrique comme un Bill Evans avant de s’envoler dans des escapades nerveuses et virtuoses à la Brad Mehldau sur « Inner Urge » de Joe Henderson.

Concis, clair, inventif et plein de promesses, c’est un trio à suivre.


















J’étais heureux de revoir le trio de Casimir Liberski après sa sensationnelle prestation sur la Grand Place lors du Jazz Marathon ( il était le vainqueur du concours ).
Marek Patrman avait pris la place de Lionel Beuvens. Et son jeu sera formidable. Comme souvent.

Le premier morceau sera pourtant assez conventionnel malgré les belles interventions de Janos Bruyneel à la contrebasse.
Ils se rattraperont sur « Cry Me A River » qu’ils n’auront pas peur de déstructurer, de malaxer, de désosser pour mieux le reconstruire à leur façon. Et de finir en improvisation totale.

Puis, Marek reprend ses mailloches et, s’écoutant tous les trois, ils repartent sur « Never Let Me go »…
C’est sublime.
Malheureusement, ça va se gâter par la suite.

Le trio propose à son tour « Bemsha Swing » qu’il va diluer à l’infini, se répétant, tournant en rond comme s'il ne savait pas comment finir. Bref, des impros et un babillage sans intérêt ( même si c’était très bien joué ) qui fit vraiment baisser la tension et l’excitation.
Dommage.
















Après une longue installation ( ils sont 6 sur scène : Vincent Ghilbert à la clarinette - David De Vrieze au trombone - Alexandre Cavalière au violon – Zurstrassen à la basse électrique - Daniel Duchateau à la batterie et un claviériste prénommé Martin au Fender.) The Flying Fish Jumps démarre en fanfare.
C’est le cas de le dire car l’énergie ressemble à celle d’un brass-band.
Mais sur le morceau suivant, le groupe nous la joue « modal ».
On sent quelques hésitations et un léger manque de cohésion.
Le groupe se cherche entre bop et klezmer...
Mais il y a quand même de très beaux moments et je remarque avec étonnement comment le violon et de la clarinette s’accordent magnifiquement…
Le trombone donnera lui aussi quelques beaux éclats dans ce jazz-fusion qui demande sans doute encore à s’affiner.
A revoir.

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Le site de Flying Fish Jumps.
Celui de Casimir Liberski
Et pour Benjamin Prischi… ben, j’ai rien trouvé.

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22:36 Écrit par jacquesp | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

01/07/2006

Deborah Brown (Music Village) et Reggie Washington "Benefit Concert" (Sounds)


Mes deux derniers concerts.
Ils datent de la semaine dernière.
Un peu bousculé par le boulot, par la fin de l’année scolaire et d’autres joyeusetés de la sorte, je n’ai pas eu le temps de rendre compte de mes petites sorties.

Deborah Brown d’abord, au Music Village.
J’avoue que je ne connaissais pas bien. Entendu deux ou trois fois à la radio, c’est tout.
Pourtant, ce n’était pas la première fois qu’elle passait au Music Village.

J’arrive pour le second set ( boulot, je vous dit… ).


Deborah chante dans la tradition des grandes chanteuses black américaines.
D’ailleurs, elle est black.
Et américaine.

Elle a une présence sur scène, un sens de l’ à-propos, du rythme et…un sens du show, bien évidemment.
Parfois un peu trop à mon goût. Lorsqu’elle évoque Armstrong par exemple, on sent plus la répétition calculée du clin d’œil que l’idée spontanée… mais bon, c’est amusant. Et surtout, c’est excellemment bien fait. Alors, pourquoi bouder son plaisir ?
Et puis, lorsqu’elle chante a cappella « But Not For Me », nous, on reste sans voix.

Le set se déroule tout en swing et « standards ». Johan Clement (piano) est absolument éblouissant. Rythmiquement impeccable. Alors que derrière, Luc Vanden Bosch (drums) et l’éternel Roger Van Ha (bass) assurent efficacement.
Deborah, toujours pleine d’humour n’hésite pas à faire chanter le public qui réagit bien. Elle fait même un court duo improvisé avec une personne dans la salle, qui ne se contente pas de « répéter » les scats de Deborah, mais au contraire, de construire avec elle et de lui répondre.
Petit moment de magie !

On aura droit à un 3ème set que débutera seul au piano Johan Clément avec « April In Paris » et « Night And Day ».
Deborah remonte ensuite sur scène pour un moment très « soul ». Le public accompagne à nouveau la chanteuse qui poursuit avec un blues et quitte la petite scène sous un tonnerre d’applaudissement.
Belle et bonne ambiance !

Je discute un peu avec Véronique Hocq et aussi avec Patrick Bivort qui me convainc d’aller voir Lizz Wright.
J’avais écouté son album et surtout vu son concert l’année dernière au Blue Note… et franchement, je n’avais pas été séduit. Malheureusement je n’aurai pas l’occasion d’aller l’écouter à Flagey et de me refaire une opinion. Un tort sans doute au vu de ce que Mwanji décrit ( confirmant les dires de Patrick ) sur Be.Jazz.
Comme quoi, un concert n’est pas l’autre.


Samedi, je passe bien sûr au Sounds pour le « Benefit concert » pour Reggie Washington.

J’arrive tard à cause des rues bloquées par la fête de la musique et je n’ai pas l’occasion d’entendre Walrus , le projet avec Nicolas Kummert, Toine Thys, Axel Gilain et Lionel Beuvens.
Dommage.

Piet ( un habitué du jazzforum ) me confirmera que ça valait le coup.
A réentendre, donc.

Le Sounds n’est malheureusement pas très rempli. Ce qui n’empêche pas Chris Joris de proposer sa « nouvelle famille ». Ou du moins, une famille « recomposée ».
Au piano Fabian Fiorini, au violon Cécile Broché, à la basse Chris Mentens, et au sax l’omniprésent Toine Thys. Impros, rythme, bonne humeur. Ça pêche et c’est bon.
On commence par « 9-11 » ( Chris adore les titres en forme de dates, vous avez remarqué ?). Fabian au piano et Toine au sax, l’accord est parfait !
Cécile Broché profite de cette fête pour improviser de façon éclatante sur « Autumn Child ». Et elle emmènera ensuite tout le monde avec son titre « Italian Party ». (On est chez Sergio, quand même…)
Quant à Chris, il plane au-dessus de tout ça. Merveilleux de facilité.

Le reste de la soirée ressemblera plus à une jam.
Erik Vermeulen se retrouve derrière le piano, Paolo Radoni à la guitare, Lionel Beuvens à la batterie et Chris Mentens laissera sa place le temps d’un « Besame Mucho » ( parti comme une blague) à Reggie Washington tout heureux de pouvoir (re)jouer – avec prudence – de la basse.

A+

12:31 Écrit par jacquesp | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |