20/07/2006

Carte Postale du Blue Note Records Festival 2006


Jeudi dernier débutait le Blue Note Records Festival à Gand.
Je ne vais pas vous faire une revue de détails ( parce que : « article pour Citizen Jazz et bla bla bla ... ». Vous connaissez le discours.)

Alors voilà quelques impressions.

Le concert de Carlos Nardozza qui ouvrait les festivités était en dents-de-scie.
Des moments bien et d'autres... passables.
Le guitariste en faisait souvent trop... Et surtout pour rien.
Le saxophoniste par contre mérite une belle écoute. Impressionnant.

Dianne Reeves. Impeccable, pro, fidèle à elle-même, drôle.
Voix sublime, sens de la mise en place et du contact avec le public.
Mais bien sûr, c’est sans surprise.

















Vendredi, sous la tente, j'ai raté le Sound Plazza de Kris Defoort. J’ai juste entendu les deux derniers morceaux.
Même si c'est "difficile" de plonger à froid ( si l’on peut dire par ces jours de grand beau temps ! ) dans ce genre de musique, c'était du haut vol.
Il paraît que c'était d'ailleurs très bien d'après les échos que j'en ai eu par la suite.
Cela ne m’étonne pas. Et je râle de n’en avoir pas vu plus.

David Murray et le Gwo Ka était assez répétitif. Toujours sur le même rythme.
Peu de folie, de cassures. Si le concert avait été debout, peut-être que cela aurait donné quelque chose de différent, car cette musique frénétique et lancinante est faite pour être dansée....
Bref, moins bien qu'à Flagey, ça c'est sûr.

Par contre JohnZorn !!!! ( 1 ) Fantastique!!!
Une heure à fond. Une heure d'un niveau extraordinaire. Quel groupe!
Quelle claque.Quelle écoute entre eux, quel esprit!
Fantastique!
Zorn est LE boss de la formation et tous répondent au doigt et à l’œil ( au sens littéral ) du chef.

Samedi, Vann – Galland – Washington proposent un set très blues, assez roots.
Assez loin des expérimentations et de l'énergie du concert à l'Archiduc.
Pas mal mais un peu trop sobre…

Eric Legnini trio, fantastique. Comme d'habitude.
Et comme d’hab, c’est ce que je lui dit backstage à la fin du concert…
Du jazz ( soul ) qui ne peut que réjouir un public de festival. Musique immédiate, accrocheuse et exécuté de main de maître.

Jason Moran ( 3 ), vraiment bien.
Mélange de hip hop, stride, blues... Tout cela avec humour. Moins de "dextérité" que Legnini sans doute, mais une sacrée justesse et un sens de la mise en scène.
Ce type à « digéré » toutes les musiques qui l’entourent.
Superbe de modernité et de respect à la tradition.

Wayne Shorter ( 2 ) mmmmmouais.
Très "intello", très écrit ( ?? ).
Une musique qui penche beaucoup vers la musique contemporaine. Pas vraiment d’évidente cohésion entre eux et des impros qui semblent ne mener nulle part.
Ok, il y a bien eu deux chorus assez superbes...
Un batteur délirant ( mais pour raconter quoi ? ), un bassiste impeccable et Danilo Perez au piano. Du beau monde sur scène… certes.
Mais quand on parle à la tête sans passer par le cœur…

















Dimanche, Paolo Fresu (4 ) et son quintet.
Très drôle, sympa, joyeux, détendu. Impeccable. Du Fresu quoi.
En été c'est parfait.
Et puis, il a quand même un super son de trompette et du buggle. Et son saxophoniste, mis à l’honneur pour ce concert ( c’est lui qui a écrit la plupart des pièces jouées cet après-midi ) était lui aussi au top niveau.

Nathalie Loriers, et son projet « Chemins Croisés », était très lyrique, très sensible et assez introverti.
Sobre.
Un poil trop peut-être.
Il y eut peu de place pour Trovesi, duquel j’attendais un peu plus de folie.
Mais l’ensemble fut plutôt agréable et recueilli. Comme il se doit sans doute pour ce genre de musique…

Texier - Sclavis - Romano! ( 5 ) Alors là… de la bombe!
Tout y est là-dedans! Humour, impros, free jazz, cohésion, mélodies...
C’était fort, c’était simple, c’était juste. C’était génial à tous points de vues!
Et j’ai d’ailleurs eu l’occasion de le lui dire backstage aussi.

Quant à Charles Lloyd ( 6 ), dans un tout autre genre, ce fut ici aussi exceptionnel!
Zakir Hussain aux tablas, en duel avec Eric Harland à la batterie ( mais aussi au piano! ) fut magique.
Les rôles des musiciens s’inversent, se mélangent. Ils nous emmènent en voyage et on les suit du début à la fin. Fascinant...

Puis, le Blue Note Records Festival, c’est aussi l’occasion de boire quelques Duvel et de discuter avec Piet ou Tom ( les piliers du Jazz Forum ), Manolo Cabras et Lynn Cassiers, Robin Verheyen, Jempi, Jos Knaepen, Piet Verbiest ou Chris Joris, entre autres… Car même Gégé et Sté avaient fait le voyage pour écouter Dianne Reeves.

A+

21:42 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.