08/07/2006

Klinkende Munt '06

Au bout de la rue Antoine Dansaert, sur la Place Ste Croix, à lieu traditionnellement le Festival Klinkende Munt organisé par le Beursschouwburg.
La programmation ouverte, éclectique et sans œillères fait la part belle au jazz. Qui s’en plaindrait ?

Du jazz qui lorgne donc vers le rock, le rap, les musiques du monde. Bref, du jazz actuel.













Klinkende Munt proposait entre autres Acoustic Ladyland ce jeudi.
Bande de fous furieux anglais dont je ne connaissais que le disque Last Chance Disco.
Et j’avais vraiment envie de voir ce que ça donnait sur scène.

Hé bien, si le disque est déjà bien explosif, nerveux et très rock, sur scène c’est pareil en dix fois plus fort.
Fort dans le sens des décibels, car c’était vraiment face à un "mur du son" que l’on s’est retrouvé.
Le public, qui au début s’était approché de la scène, se retrouve petit à petit derrière ( ou presque ) la table de mixage.
Et le mixage, à propos? Simple : à fond.
Résultat : pas de subtilité, pas de dynamique, pas de modulation.
Acoustic Ladyland joue à fond, façon punk heavy trash metal. C’est amusant un moment. On a envie de danser le Pogo.
Mais à la fin, ça lasse…
Peter Wareham à beau y mettre un cœur gros comme ça et une énergie débordante - à presque ne plus pouvoir souffler dans son sax - on reste plutôt cloué sur place.
Effet désiré inverse en quelque sorte…














Ce vendredi, c’est d’abord Kurt Van Herck, Jacques Pirotton et Mimi Verderame qui débutent la soirée.
Une petite mise en place avec un thème de Monk, avant de poursuivre avec la plupart des morceaux de l’album Le Mariage .
Parfois intimiste ou un peu sophistiquée dans sa construction, cette musique demande une attention particulière pour en apprécier la richesse et la beauté.
Pas facile, quand une partie du public discute bruyamment ou qu’à l’extérieur du chapiteau un match de basket fait rage.

Le jeu de Kurt est quand même d’une grande finesse et d’une belle intensité. Et Pirotton se permet des impros incisives qui montent en puissance. Quant à Mimi Verderame, il assure solidement à la batterie.
Le trio aura finalement les honneurs d’un rappel spontané… et amplement mérité.
Ce qui manquait peut-être à cette formation ( on sait Kurt assez réservé ) était un certain « contact » avec le public… ?
A revoir en club, assurément.

Pendant la pose, je discute avec Mwanji et Ben Sluijs de musique, de la Coupe du Monde ou de comment combattre l’extrème-droite, …
Dans le petit village, je croise Teun Verbreugen, Erik Vermeulen, Marek Patrman, Eve Beuvens, Jérôme Colleyn, Geoges Tonia Briquet, etc…












Tout le monde est au rendez-vous pour écouter The Bad Plus.
J’aurais déjà dû les voir deux fois en concert ( à Anvers et Bruxelles ), mais un sommeil profond m’avait empêché d’être à l’heure pour l'un et une réunion interminable avait eu raison de mon billet d’entrée pour l’autre…

Ce soir, j’étais aux premiers rangs. Et ce fut formidable.

J’avais beaucoup aimé l’album "These Are The Vistas", moins "Give" et étais donc très curieux de voir enfin ce groupe sur scène.
Phénomène éphémère de mode ou vrai style et vraies idées ?
Hé bien, après le concert je penche définitivement pour la seconde proposition.
Une présence sur scène indéniable, de l’humour, du second degré mais un ton et un discours unique.

The Bad Plus développe ce son si particulier entre le rock-pop et le jazz, sans en utiliser les clichés.
Rien n’est compliqué, mais rien n’est simpliste. C’est la force de ce groupe.

Ce qui saute aux yeux tout de suite, c’est Dave King à la batterie. Larges épaules, sourire carnassier et drumming nerveux, efficace et… puissant.
Mais ici, la puissance est distillée, équilibrée, ce qui renforce l’énergie, l’adrénaline, la tension.
Reid Anderson à la contrebasse, ensuite, impose un jeu très harmonique et percussif à la fois. On passe du blues à un jazz des plus déstructurés avec un esprit de cohésion parfait.
Et bien sûr, au piano Ethan Iverson jette les bases des thèmes pour mieux les découdre et les reconstruire.
The Bad Plus passe à la moulinette de manière intelligente ( mi-respect, mi-humour ) des "classiques pop" tels que "Chariots Of Fire" ou "This Guy’s in Love With You" ( de Bacharach, immortalisé par Johnny Mathis ) en passant par le free jazz d’Ornette Coleman, le rock underground d’un groupe New-Yorkais ( Nark ?), des compos personnelles ( comme l’excellent "Rhinoceros is my profession" ), avant de revenir à une version improbable de "We Are The Champions".

L'unité du groupe est merveilleuse, ils jouent avec les silences, les break, les accélérations, les impros. Le son est impeccable, permettant d’entendre vraiment la richesse du jeu de chacun, sans en diminuer l’intensité ni la puissance.
Merveilleux concert.
Et puis, le contact de Ethan avec le public est immédiat. Il présente avec humour et décontraction les musiciens ( à la manière des shows télévisés américains ) ou raconte quelques anecdotes concernant les morceaux…
Que du bonheur.


Et ce n’est pas fini, car après le concert, je rejoins Mwanji en pleine conversation avec les membres du groupe. Et nous nous retrouvons tout naturellement à l’Archiduc en compagnie d'Ethan Anderson pour parler jazz, musique, voyages etc…
Nous sommes rejoins ensuite par Reid Anderson et l’ingénieur du son…
Sympathique et amusant moment qui nous empêchera de voir le dernier concert au Beurs...
Et voilà comment on se retrouve sur le blog de The Bad Plus… :-)

A+

16:12 Écrit par jacquesp dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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