03/06/2006

Octurn ( 21 emanations ) au Sounds














Comme promis lors de leur dernier passage au Bozar, j’avais pris rendez-vous avec Octurn au Sounds pour la sortie de l’album 21 emanations ( disponible chez Yolk Records ).

Est-ce l’endroit plus confiné et plus chaud que la « salle du bas » des Bozar qui ont rendu ce concert plus prenant que celui de mars ? Ou simplement la magie de la musique ? Allez savoir…

Toujours est-il que je suis « rentré dedans » bien plus facilement et que je ne m’y suis pas ennuyé une minute.
Bien sûr, la musique d’Octurn n’est pas « simple ». Elle est mystérieuse, progressive, lancinante, voire même parfois angoissante.
Mais elle peut être lumineuse aussi.
Lumineuse comme les solos exceptionnels de Guillaume Orti. C’est sans doute le musicien qui m’a le plus impressionné ce soir. Ses interventions furent chaque fois brillantes et pleines d’émotions. De fièvre et de créativité.

Il faut souligner aussi le drumming parfait de Chander Sardjoe à l’aise dans une polyrythmie parfois complexe.
Les relais sont limpides entre lui, la basse de Jean Luc Lehr et le piano de Fabian Fiorini. Les constructions s’enchevêtrent avec fluidité.

La musique reste quand même assez exigeante et demande une certaine concentration pour en apprécier toute la richesse.
Il est vrai qu’à la fin des deux longs sets, on en sort un peu sonné… mais heureux d’avoir été autant impliqué dans le « processus ».












Ce qui « allège » peut-être un peu cette tension constante, ce sont les interventions de Magic Malik au « sifflet ».
Hé oui, au « sifflet » ( pas le sifflet d’arbitre de foot, un sifflet d’origine « africaine » ou « sud-américaine » … mais je n'en sais pas plus. ), car Malik s’est cassé le petit doigt de la main droite. Pas facile pour jouer de la flûte.
Cet instrument, qu’il maîtrise plus que parfaitement et qu’il « trafique » à l’aide d’un filtre, donne une couleur particulière à l’ensemble. Parfois légère, parfois stridente, mais toujours touchante.

Ces mélodies « au sifflet » s’accordent parfaitement aux délires contrôlés de Jozef Dumoulin et son Fender Rhodes ou aux nappes « bruitistes » - tantôt minérales, tantôt crachotantes – de Gilbert Nouno.

Pour parfaire le tout et lier encore plus l’ensemble, Bo Van der Werf au sax baryton et Laurent Blondiau à la trompette interviennent avec intelligence et subtilité et donnent toute la saveur à ce groupe décidemment très interpellant.

Mwanji en donnera sans doute sa vision sur Be.Jazz puisque nous avons assisté ensemble au concert. ( Message perso : le Sounds est à 14 minutes de chez moi. A 2h. du mat… ;-) )
Et puis, Damien avait parlé sur Samizdjazz d’un concert d’Octurn en novembre à La maroquinerie à Paris.

En attendant, je vais me réécouter ce double album, dont un CD est composé de "remix" concoctés par Dré Pallemaerts.

A+

17:41 Écrit par jacquesp | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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