25/05/2006

Jazz Marathon. Résultat des courses. Part 2.


J’arrive sur la Grand Place vers 16h.
Casimir Liberski ( 1 ), vainqueur du concours des jeunes jazzmen la veille sur la place Fernand Cocq, est sur scène.
J’avais déjà entendu Casimir l’année dernière dans ce même concours. Desservi par un son lamentable et proposant un répertoire un peu « étrange » ( une relecture des thèmes de jeux vidéo, idée amusante au demeurant ), il ne m’avait pas vraiment convaincu.
Je l’avais revu par deux fois ensuite et n’avais toujours pas été aussi subjugué qu’il aurait fallu l'être… ( Sans doute aussi parce qu’on le présentait comme LE petit génie, et que j’en attendais plus qu’un jeu très calqué sur celui d'un Brad Mehldau...

Ce dimanche, Casimir n’a gardé que quelques attitudes de Brad et a surtout montré une vraie personnalité.
Une vraie énergie .
De vraies idées.
Avec en plus, le trio est très soudé.
A la basse, Janos Bruneel ( 2 ) déploie un jeu ample et franc. Loin de jouer les simples accompagnateurs, il intervient et propose des lignes mélodiques subtiles, nerveuses et pleines de verve.
Lui répondant – ou même le propulsant, Lionel Beuvens ( 2 ) fut lui aussi fantastique.
Vraiment, ce batteur me séduit de plus en plus. Son jeu est chaque fois plus rempli, plus brillant, plus créatif.
Cela se confirmera avec le groupe suivant auquel il participe cet après-midi.

Avec « Ramblin ‘ », par exemple, le trio s’enflamme et nous offre une version absolument explosive de ce morceau de Coleman. Et il en sera de même avec un morceau de Monk...
Quant au très sentimental « Cry Me A River », Liberski et ses amis nous livrent une version qui évite les clichés rendant ainsi ce thème vraiment prenant.
Et sur la Grand Place, ce genre d'exercice n’est pas facile.
Ah, si papa Liberski avait été là ( il était sur la Croisette…) il aurait été fier.
Le prix reçu samedi n’est sans doute pas usurpé, même si je n’ai pas eu l’occasion d’entendre les deux autres formations qui doivent en valoir la peine.
Peut-être passeront-ils au Sounds tous les trois comme ce fut le cas pour les lauréats de l’année dernière ? ( Allo, Jacobien ? )

Peter Hertmans ( 3 ) avait été choisi par le comité des Lundis d’Hortense pour débuter les concerts organisés par cette association.
Le nouveau Groupe ( Harmen Fraanje, Daniel Stokart, Lionel Beuvens et Théo De Jong ) de Peter s’est formé lors des soirées « laboratoires » à la Jazz Station cette année.
On peut dire que ce fut une rencontre bénéfique.
L’ensemble s’éloigne un peu de l'habituelle ambiance fusion ’70 chère à Peter, pour sonner beaucoup plus "actuel".
C’est flagrant sur des thèmes comme « Cadence » écrit dans les années ’70 et « Cadence 2 », nettement plus ensoleillé, écrit avec le groupe.
Peter joue d’ailleurs plus libre, plus ouvert, plus léger.
La présence de Daniel Stokart ( 5 ) au soprano - toujours aussi merveilleux – donne une luminosité supplémentaire à l’ensemble.
Harmen Fraanje ( 4 ) au piano, assez discret dans l’ensemble, a quand même l’occasion de se mettre en valeur ( sur « Akhasha » ?) avec un jeu limpide mais rigoureux.
Quant à la rythmique, elle donne assez de "nerf" pour maintenir la tension.
Les interventions à la basse électrique de Théo De Jong ( 3 ) en sont le parfait exemple.


Présenté par Toine Thys ( décidemment très à l’aise sur scène – et tiens, pourquoi pas Rackham ou Take The Duke sur le "podium du dimanche" l’année prochaine ? Ambiance assurée, je vous le promet. ), Chris Joris ( 6 ) installe fébrilement toutes ses percussions.

Mélangeant la « world » ( dans le bon sens du terme ) et le jazz, le groupe de Chris propage une belle chaleur dans ses thèmes ( le fantastique « Mal » ou encore « The Long Way Home » en sont de belles illustrations.)
Pierre Vaiana ( 8 ) au soprano est lui aussi irréprochable. Brillant, présent, redoublant de virtuosité.
Idem pour Fré Desmyter ( 7 ) au jeu cristallin qui répond si bien aux percus sourdes et profondes de Chris.
Quant Chris Mentens ( 8 ) à la contrebasse, il invente lui aussi de belles lignes mélodiques.

Chris Joris, toujours aussi fébrile, sort de scène après un set assez court, n'imaginant pas tout de suite qu'on lui offre bien plus de temps pour présenter sa musique.
Tout surpris et tout heureux, il revient sur scène reprend son concert...

Aaah... les artistes.

Alors que la pluie fait à nouveau son apparition et fait du même coup disparaître une partie du public, PHINC, dont vous pouvez lire ma chronique ici, clos le week-end.

Le bonnet enfoncé jusqu’aux oreilles, Steve Houben ( 10 ) joue avec autant de bonheur la flûte que le sax.
Avec son complice Jacques Pirotton ( 9 ) toujours aussi extraordinnaire à la guitare, ils explorent différents styles de jazz.
Ne s’occupant surtout pas d’étiquettes, passant de rythmes latins à des thèmes hard bop, free, rock, ou même classique, Phinc garde un son et une unité forte.
Soutenu efficacement par Sam Geerstmans ( 13 ) ( décidemment sur tous les coups, lui aussi ) à la contrebasse et Stephane Pougin ( 12 ) aux drums, Philippe Thuriot ( 11 ) peut lui aussi s’envoler dans des impros de toutes beautés qui donnent des frissons de mélancolie et de bien-être mélangés.

La fête se termine sous la pluie. ( Sinon, ce ne serait pas vraiment le "Drache-Marathon"...)
Le Music Village est rempli.
La place se vide, on démonte la scène.

Je rentre chez moi... prendre un vraie douche.

Et pour savoir ce qui se passait samedi soir à l'Arts-O-Bases, il suffit d'aller jeter un oeil chez Be.Jazz de mon ami Mwanji.





A+

17:00 Écrit par jacquesp | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

24/05/2006

Une amie qui chante.

Petit coup de pub...

Et si demain soir - jeudi 25 mai - vous alliez au Sounds écouter Véronique Hocq, hum... ?
Elle chante ( très bien ) en tant qu'amateur, et proposera un mini concert avec son "nouveau groupe" lors de la célèbre "Singer's Night".

A+

14:01 Écrit par jacquesp | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

David Linx et Acoustic Ladyland sur Citizen Jazz

Avant de vous raconter la suite ( et la fin ) de mon "Jazz Marathon", vous pouvez lire sur Citizen Jazz, l'interview de David Linx que j'ai eu le plaisir de faire en ce début d'année.
Il a fallu du temps avant qu'elle ne paraisse car j'avais du "matériel" à ne plus savoir qu'en faire...
David est très bavard, et comme nous avions du temps, cela dura très longtemps.
Non seulement ce fut très intéressant, mais en plus, ce fut vraiment un grand moment de bonheur.
Le lendemain, j'ai interviewé Diederick Wissels... et... ce n'était pas plus court. ( Interview à paraitre bientôt... )

Du côté des disques, j'ai chroniqué Acoustic Ladyland. Album à l'énergie débridée.
Vous aimez le jazz et vous aimez le rock ? Essayez "Last Chance Disco"...













A+

13:23 Écrit par jacquesp | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

23/05/2006

Jazz Marathon. Résultat des courses. Part 1.

Vendredi 18h.30, départ de la Place du Sablon.
Le temps, un peu incertain, ne nous gratifiera pas de la drache qui accompagne habituellement le Jazz Marathon ces dernières années...
Rassurez-vous, ce sera pour samedi.










Sur scène, avec le vent ( violent ) de face, No Vibrato ouvre le bal.
Joyeux et léger.
On remarque ici encore le jeu détonnant de Fred Delplancq (1) , un saxophoniste qui s'affirme comme un incontournable de la scène belge ( avez-vous écouté son album "Witches Dance" ? Un must ! ). Et puis, il ne faut pas oublier Jean-Paul Estiévenart de plus en plus sûr à la trompette.
20h.00, direction: la Grand Place pour écouter Pascal Schumacher Quartet (2) et son nouveau batteur, l'allemand Jens Düppe. L'énergie est toujours là, mais le son est plus... "rond" peut-être. Jens est sans doute moins "incisif" que Teun Verbreuggen. La couleur est donc un peu différente et sans doute qu'il faudra attendre encore quelques concerts avant de retrouver une réelle ( et différente ) complicité entre le batteur et Jef Neve (3) par exemple.
Ça devrait être intéressant à suivre. Et c'est tant mieux.











Vers 21h.00 la Place Ste-Catherine commence à bouger et danser au son du soul-funk irresistible des Krazy Mess Groovers (4), dont j'ai déjà dit tout le bien que j'en pensais sur mon blog... ( cherchez un peu, ça vous promènera :-) )
Avec eux, l'ambiance est assurée, même back stage, où Sexy Fire ( Why do they call him "Sexy Fire" ? ), signe des autographes sur le ventre de fans venus parfois de Hollande ( 5 ).
... Mais, au fait, à qui appartenait donc le soutien-gorge qu'on lui a jeté sur scène ???

Sur les coups de 23h30, on se retrouve dans un Sounds bourré comme à l'habitude pour écouter Philip Catherine ( 6 ) , accompagné d' Emmanuel Bex à l'orgue et Aldo Romano ( 7 ) à la batterie.
C'est un Philip Catherine assez différent de ce qu'on a l'habitude d'entendre avec son trio "classique".
Ici, même si le groove est toujours présent, on remarque une certaine "intériorité" ( comme sur le magnifique "So Long" de Bex ). Le jeu de Philip Catherine est pourtant plus "électrique" ( d'ailleurs il a délaissé sa légendaire Gibson ES-175 pour une ... heu..."Les Paul" (???) ), mais est contre-balancé par la souplesse de jeu de Bex et Romano. Merveilleux, une fois de plus.











Samedi, j'aurais du me rendre Place Fernand Cocq vers 16h.00 pour écouter les candidats du concours "Jeunes Musiciens de Jazz"... Mais la pluie et la tempête m'ont un peu refroidi.
Je sais, c'est lâche...
Je me suis donc retrouvé vers 18h.00 à la Jazz Station pour découvrir Pierre de Surgères et son trio.
Du moins, pas celui annoncé sur le programme, mais bien avec Toon Van Dionant à la batterie et Sam Geerstmans à la basse. Ces deux-là se connaissent bien et cela permait au trio de sonner de façon très cohérante et très intéressante. Au départ de quelques standards, le groupe s'est osé à quelques compos de John Taylor avec une belle réussite... Un nouveau trio serait-il né? Je l'espère.

Vers 21h.00 ce fut au tour de Nathalie Loriers ( 8 ) de monter sur scène.
Lyrisme, subtilité mais aussi swing... quel plaisir de retrouver ce trio. La musique va à l'essentiel, va au coeur.
Sal La Rocca ( 9 ) est impérial et Joost Van Schaaik ( 10 ) aussi.
A quand un nouvel album ? ( Ok, l'album "Chemins Croisés" est en préparation... mais ce trio, qui semble avoir retrouver une nouvelle vie mériterait bien qu'on le revoit à nouveau plus souvent...)
En attendant, le cd "Silent Spring" est resorti récemment et bien sûr, je vous le conseille vivement.
Je reste donc jusqu'à la fin - en profite pour regarder, avec Guido Marcon lui-même, son expo photo - et arrive trop tard sur la Grand Place pour voir NToumos.
Mais je suis sûr qu'il ne m'en voudra pas. Je le reverrai à Liège lors du prochain Festival ( le 9 et 10 juin ).












Me voilà donc vers minuit et quelques au Café Novo pour entendre Thomas Champagne ( 12 ) développer son jazz énergique, puissant mais toujours très mélodique.
Il faut dire que dans cet endroit, il faut être costaud pour se faire entendre. Et Nicholas Yates et Didier Van Uytvanck ( 11) ne se font pas prier. Ornette n'est pas loin. C'est chaud, bouillonnant, intense. Un groupe à suivre...
Avant d'aller voir si les Swing Dealers swinguent toujours au Music Village ( mais il était deux heures et le concert était terminé ), je m'octroie un moment de détente et me permet de déguster enfin ( !!! ) une bière bien méritée( 13 ) ...
La suite demain...

00:28 Écrit par jacquesp | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

18/05/2006

Jazz Marathon. Reconnaissance du parcours.


Vous êtes-vous bien échauffé cette année?
Avez-vous bien fait vos excercices?

Alors, quels concerts allez-vous voir lors de cette 11ème édition du Brussels Jazz Marathon?
Vous ne savez pas par quoi commencer?
Préparez vos baskets et votre K-way ( on ne sait jamais... ), on y va...

Vendredi, pourquoi ne pas commencer avec un concert de No Vibrato au Sablon à 18h.30. Parfait pour l'apéro. Jazz moderne, mélodieux, plein d'entrain, de joie de vivre et de surprises. ( No Vibrato fait pour l'instant une tournée à travers la flandre avec les Jazz Lab Series. )
A moins que vous ne préfèreriez les chanteuses...? Alors, c'est sur la Grand Place qu'il faut aller. La jeune Marianna Tootsie ne devrait pas vous laisser indifférent.

Tant que vous êtes sur la Grand Place, ne ratez pas l'excellent vibraphoniste Pascal Schumacher entouré de Jef Neve ( piano) , Chris Devisscher ( contrebasse ) et de son nouveau batteur: Jens Düppe.
Souplesse et rebondissements... Difficile de rester insensible.

Après, si vous avez envie de vous éclater et de danser furieusement, vous avez le choix ( cornélien! ) entre la basse électrique incandescante jazz-funk-soul-rock de Daniel Romeo (21h.30 Grand Place) ou les délirants Krazy Mess Groovers (20h.30 St Catherine) dont j'ai déjà parlé ici.

Dur, dur.
Et ce n'est que le début, car dans les clubs, salles de concerts et bistrots, le choix est immense...

Pour continuer dans le jazz-funk: The Peas Project au Théatre Marni vers 21h. jusque très tard. ( Egalement samedi sur la Place Fernand Coq à 19h30. )

Vous êtes plutôt "jazz actuel" ?
Pourquoi pas: Thomas Champagne Trio au Café Novo, ou Lieven Venken trio à l'Arts-Ô-Bases ( avec Jozef Dumoulin et Gulli Gudmudsson... ça devrait dépoter! ).
Ou "plus rond" mais non moins dynamique: le trio de Michael Blass au Troquet, ou Mimi Verderame Quartet ( avec Franck Vaganée entre autres ! ) à Flagey vers 21h.

Bien sûr, il y a les incontournables, les inévitables... : Nathalie Loriers avec Bert Joris et Philippe Aerts à Flagey vers 22h. ( Le lendemain elle jouera avec Sal LaRocca et Hans Van Oosterhout à la Jazz Station. )
Et bien sûr l'immense Philip Catherine accompagné de Aldo Romano et Emmanuel Bex - excusez du peu ! - au Sounds. Deux soirs de suite.
Faudra jouer des coudes...


Allez vous coucher et revenez le samedi sur la Grand Place vers 15h. pour écouter Casimir Liberski Trio. Ou, allez l'écouter plus tard, à la Place Fernand Coq, après The Flying Fish Jumps, nouveau groupe d'Alexandre Cavalière qui délaisse un peu son fabuleux jazz-manouche pour fleurter avec le modal et la fusion... ( je vous le conseille... ).
Au même endroit, il y aura aussi le trio de Benjamin Prischi ( dont j'avais parlé ici ) qui vaudra la peine d'être entendu...

Dois-je vous dire qu'il est temps de retourner vers la Grand Place pour écouter le jazz hip-hop / drum 'n bass fabuleux de NToumos ?

A moins de ne faire un crochet par le Music Village qui invite les Swing Dealers ( jazz plus traditionnel, certes... mais ça swing, croyez-moi ) pour peut-être entendre une version incroyable de "Billie Jean" chantée en blues par Jean Van Lint.
Ou, pousser une pointe à l'Art-Ô-Bases pour écouter Alexi Tuomarila...
Ou Piotr Paluch à Flagey à 21h.
Ou Jef Neve, aussi à Flagey, mais à 22h.

Hé oui... on ne pourra pas tout voir.

Alors, rendez-vous le dimanche à partir de 16h. ( vous aurez eu le temps de vous reposer un peu... ) pour voir Peter Hertmans accompagné de Daniel Stokart ( fabuleux soprano ! ), Théo De Jong, Martijn Vink et le talentueux et très courtisé pianiste Harmen Fraanje ( que vous pouvez retrouver avec Robin Verheyen sur l'excellent album "Narcissus", sorti chez De Werf. )
Puis, à 19h.15: Chris Joris Quartet avant de terminer ce marathon par PHINC, le groupe de Jacques Piroton et Steve Houben...
A ne pas rater.

Voilà mon programme ( idéal ) marathon... Mais, contrairement à ce que certains croient, je n'ai pas le don d'ubiquité. Malheureusement.
Lundi, ce sera sans doute un peu difficile...

A ce week-end...

00:36 Écrit par jacquesp | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/05/2006

Cheikha Rimitti, c'est fini.

J'en parlais il y a quelques jours dans ce post... et voilà que ce matin, j'apprends cette nouvelle: Cheikha Rimitti est décédée ce lundi...

Il ne me restera que quelques disques et un souvenir inoubliable d'un concert à Paris...

A+

13:09 Écrit par jacquesp | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

15/05/2006

Witloof Jazz - Dubicki-Van Quartet et MP4

Jeudi dernier dans les "caves" du Botanique, et dans le cadre du "Jazz Tour" des Lundis D'Hortense, c'était au quartet Dubicki-Van et à MP4 de monter sur scène.
Les premiers "vrais" rayons de soleil avaient un peu retenu la foule à venir profiter de la fraîcheur de cet endroit sympathique...

On commence d'abord par du bop traditionnel.
C'est ce que la nouvelle formation de Urs Dubicki ( saxophoniste qui adore cette période et qu'on a souvent vu avec l'excellent violoniste Alex Tripodi) et Matthieu Van nous propose.

On aura donc droit à un concert équilibré entre des standards bop rarement joués, tels "Repeat" de Denny Zeitlin ou "Tetragon" de Joe Henderson et des compos personnelles comme un très jubilatoire "Urs's Crazy Changes", qu'il n'est pas la peine d'expliquer... tout est dans le titre.

Tout n'est pas encore au point dans cette formation - il faut dire qu'ils n'avaient que quelques heures de répétitions derrière eux - mais on sent l'intension et surtout le plaisir de jouer du bop.

Par exemple, sur "Subconscious Lee" ( de Konitz avec qui Urs a eu la chance de travailler ), le dialogue entre la basse de Sam Gerstmans et le drumming de Toon Van Dionant fut un tout bon moment.

Joli moment aussi avec la ballade "Aigreur" ( ou "Aigre Heure" ? ), composée par Matthieu - qui emprunte parfois à "The Man I Love" - et permet au pianiste de belles impros...

Répertoire assez traditionnel, certes, mais très agréable... surtout quand le groupe commence à trouver ses marques et à dévoiler un peu de sa personnalité.
Alors, laissons-les se roder.











Ce fut ensuite au tour du trompettiste Michel Paré ( qu'on a vu longtemps avec le BJO ) de présenter son quartet.
Avec François Descamps à la guitare électrique, Piet Verbiest à la contrebasse et Herman Pardon à la batterie, le groupe développe un jazz actuel assez énergique ( sur "After First Step") et parfois un peu tortueux comme sur "Sarah", ballade douloureuse qui fleurte parfois avec la colère.

La tension semble parfois, malheureusement, un peu diluée dans de longues phrases qui n'aboutissent pas vraiment... Ça tire un peu en longueur, comme sur le pourtant très riant "Some Sunshine Again", par exemple. Et c'est dommage.

J'y ai senti un peu la même chose sur une compo de François Descamps dont je n'ai pas retenu le nom. Une ballade "à l'américaine" qui n'était pas sans rappeler "Love Me Tender" d'Elvis.
Une ballade aux accents "bluegrass" un peu désabusée dans laquelle Herman Pardon vient "casser" la structure pour relancer l'intérêt... Trop timidement à mon goût.

Par contre, avec "Seven Over Rock" ( que j'avais déjà entendu avec le quartet François Descamps, il me semble ) écrit par Piet Verbiest, il n'y a pas d'ambiguïté. C'est direct, concis et très immédiat.
Introduit merveilleusement et fiévreusement à la contrebasse, le morceau décolle rapidement. Chacun y va de son solo sans que cela ne dissout l'intensité. Au contraire.
J'en aurais bien voulu un peu plus "des comme ça"... des "plus radicales".
La prochaine fois sans doute...

A+

23:17 Écrit par jacquesp | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

11/05/2006

Jean-Louis Rassinfosse - Jazz Station

La Jazz Station est de plus en plus active, et c'est tant mieux.
Le mercredi par exemple, c'est une soirée "laboratoire". Cela permet aux musiciens de tenter des mélanges, des associations - qui se passent parfois aussi en jam bien sûr - dans les conditions d'un concert "normal".
Hier soir Jean-Lousi Rassinfosse avait "carte blanche".








Pour l'occasion, il avait invité Bruno Castellucci, jusque là, rien de vraiment étonnant quand on connait le parcours de ces deux musiciens.
Ils se connaissent et se trouvent "les yeux fermés".

Au piano, Jean-Louis avait invité le jeune Benjamin Prischi. Il me semble l'avoir déjà entendu lors de quelques jams. Et ce soir, je dois dire qu'il m'a bien impressionné. Il a un aplomb pour imposer son jeu, ses solis,... son style.
Ce fut pour moi une belle découverte. Retenez ce nom...
Au ténor ( et soprano ), on retrouvait Toine Thys. Là, ce n'est pas vraiment une découverte pour moi... sauf peut-être dans ce contexte et ce répertoire.

On y retrouvait des compos de Jean-Louis, dont le très beau Jeito cigano, des standards ( ou assimilés ), comme Invitation ou Crystal Bells...
Alors, bien sûr parfois ça se cherche un peu. Quoi de plus normal. Déchiffrer, lire ou jouer à vue, sans avoir jamais répété auparavant, l'exercice n'est pas aussi simple que ça.
Cela n'empêche qu'il y eut des moments forts... ( les solis de Bejamin au piano, les impros de Toine au soprano et celles de Jean-Louis, toujours prêt à placer quelques citations ici ou là, et les interventions parfois musclées de Bruno à la frappe sûre et d'une grande maîtrise...)
Puis, sur deux morceaux, Pierre Bernard, à la flûte, est venu déposé quelques belles phrases intenses qui donnaient encore une autre couleur à ce concert à l'ambiance assez "latine".

Belle expérience que cette "scène ouverte" Gare au Jazz organisée chaque mercredi par Les Lundis d'Hortense... Qu'on se le dise.


Ha oui, juste encore un mot: vous pouvez lire ma chronique de l'excellent album Regency's Nights, de Jean Louis Rassinfosse et de Jean-Philippe Collard-Neven sur Citizen Jazz.
Un vrai bijou. ( Pas ma chronique, ... le disque. )
Et d'ailleurs, je ne suis pas le seul à en dire du bien, la magazine français Jazzman du mois de mai lui donne 4 étoiles.

A+

20:01 Écrit par jacquesp | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

08/05/2006

Manu Hermia Quartet - Sounds


Vendredi dernier, je quittais Anderlecht sous les feux d'artifices, chants et pétards qui saluaient le 28ème titre de champion de Belgique du RSCA pour me rendre au Sounds où m'attendait ce soir-là un autre feu d'artifice, celui du quartet de Manu Hermia.

La dernière fois que j'avais vu Manu, il m'avait dit qu'il était en train de remettre au point son quartet et envisageait d'enregistrer un nouvel album.
Plus de 6 ans après l'excellent L'Esprit Du Val, Manu revient.
Oh, bien sûr il ne nous avait pas totalement abandonné.
Loin de là.
Il nous a livré quelques très bons albums d'ethno - jazz - rock - jungle avec Slang, et un concert de feu sur la Grand Place de Bruxelles lors du Jazz Marathon 2005. Mais aussi de très beaux moments de plénitude avec son album ( et ses concerts ) Murmures de l'Inde.

L'Inde, pour Manu, c'est quelque chose qui l'a marqué profondément.
Pas étonnant que le travail avec son "nouveau" quartet en soit influencé.

Ce soir, au Sounds, c'était le dernier concert avant l'enregistrement du CD.
En effet, dès le lendemain matin, à 10h. , Manu, Erik Vermeulen, Sam Gerstmans et , revenu des Etats-Unis pour quelques temps, Lieven Venken se retrouveront en studio.

Le premier set est un "tour de chauffe", mélangeant "standards" ( comme Contemplation de McCoy Tyner ) et compositions personnelles comme I'm Me au tempo intense, parfois désarticulé, où le quartet donne vraiment toute sa puissance.
Le drumming de Lieven est éblouissant de ferveur, de subtilité et de créativité.
Lieven n'est pas un frappeur, mais sa puissance lui vient des contrastes qu'il propose. Son "final" est en tous points reamarquable d'inventivité.

Le deuxième set débute par une longue et fiévreuse "intro" en trio basse-batterie-sax...
Manu y met toute son âme. Car c'est une musique qui ne triche pas. Elle doit se vivre pour être juste...
L'équilibre entre les trois musiciens est parfaite et riche.
Et quand Erik Vermeulen remonte sur scène pour investir le piano, c'est pour ajouter encore à la flamboyance du thème.
Ce thème, c'est Rajazz - et ce sera le titre du futur album - qui ne trompe pas sur l'intension musicale que Manu veut nous faire partager: du "jazz" et des "ragas" indiens.
Il y a de la ferveur dans ce hard-bop particulier où l'on sent les influences Coltraniennes bien sûr ( et manu ne s'en cache pas ), et de la spiritualité. Espérons qu l'on retrouve tout ça sur le CD.

Avec Internal Sight, le thème semble plus "libre" encore. Ici, Manu improvise au soprano sur un thème "circulaire" qui passe de l'intimisme à la folie la plus débridée.
C'est magnifique, on est "dedans" et on n'en voit pas la fin... Du moins, on ne veut pas la voir.

Manu tentera de m'expliquer sa recherche de "fusion" entre musique indienne et gamme pentatonique pour créer son propre langage musical. Un peu comme ce que Malik, Steve Coleman ou Pierre Van Doormael arrivent à faire.
Mais je ne rentrerai pas dans le détail ici. Il faudrait d'abord que je prenne des notes ( promis, je le ferai la prochaine fois que je revois Manu ) et surtout que je comprenne...

Pour terminer, le quartet jouera Inner Urge d'un autre tout grand saxophoniste: Joe Henderson... et de quelle manière!

Bien heureux que Manu ait pris son temps pour façonner sa musique car, je prends les paris, "Rajazz" sera un album avec lequel il faudra compter à la rentrée.

A+

21:37 Écrit par jacquesp | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

05/05/2006

Au théatre vendredi soir.

Je vais rarement au théatre, c'est vrai.
Pourtant, j'aime ça... Mais il faut faire des choix, on ne peut pas être partout.
J'ai déjà l'impression de rater beaucoup de concerts de jazz... alors, si en plus je me disperse.

Mais, ce soir j'avais promis à une amie de répondre à l'invitation qu'elle m'avait faite depuis longtemps...

Il s'agissait de la dernière d'une grande tournée européenne ( dont elle était responsable ) de Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran. A Uccle.
Pièce écrite par Eric-Emmanuel Schmitt pour - et d'après quelques faits réels de sa vie - Bruno Abraham-Kremer, acteur et directeur artistique de la compagnie parisienne " Le Théatre de l'Invisble".

Mise en scène sobre et inventive pour ce monologue relatant l'apprentissage de "l'autre".
" L'autre", n'a pas le même âge, n'a pas la même culture, n'a pas la même religion.
Pourtant, tout les rapproche.

Soutenu par de "simples" jeux de lumières, un décor dépouillé et quelques chants liturgiques arméniens interprété par Aram Kerovpyan, la voix de l'acteur est prenante et le récit, touchant, fait mouche.

Après la représentation, au resto avec toute la bande, j'ai l'occasion de discuter un peu avec Bruno Abraham-Kremer mais aussi avec Aram Kerovpyan à propos de la musique Soufi ( puisqu'il en était question dans la pièce.).
Aram est un sage homme à la longue barbe poivre et sel. Il joue du Kanoum, enseigne, cherche et étudie la modalité du chant arménien.
Cela me permit de parler un peu de Soeur Marie Keyrouz que j'avais découvert il y a quelques années et que j'ai eu l'occasion de voir un jour à La Monnaie à Bruxelles.

Cette "bonne soeur" a une voix extraordinnaire. Rien à voir avec Soeur Sourire...
Ses "Cantiques de l'Orient" sont absolument envoûtants.
Les chants Maronites, Melkites ou Bysantins m'ont donnés la chair de poule.
J'étais sur le cul.
Allez vous faire une idée ici.

Pour rester dans le même style ( plus ou moins ) j'avais découvert un peu plus tôt encore, Sussan Deyhim...
Bon, d'accord, elle n'a rien à voir avec une bonne soeur. Mais on est toujours dans le chant mystique du Proche-Orient. Elle reprend des chants Soufi . A écouter au beau milieu d'une nuit chaude à la campagne sous les étoiles... Ici, il y a un gros tarvail sur le son, car Sussan aime bien mélanger le chant traditionnel à l'électronique. Et le résultat en vaut souvent la peine.

Ce qui n'est pas vraiment le cas pour Sheikha Rimitti ( là, on séloigne totalement du chant religieux ), qu'on est en train d'enrober à la sauce "Electro World Music". C'est un peu dommage.
J'avais eu l'occasion de la voir à Paris dans une arrière-salle de café, bourrée à ras bord d'algériens. J'étais le seul européen ( avec mon ami Jean-François Julian- réalisateur de clips, films publicitaires ou d' habillages tv... ) à asssiter à ce phénomène.
Elle était assise à une table, entourée d'un joueur de bendir et d'un flûtiste. L'ambiance était bouillante.
Les hommes venaient tour à tour glisser des billets dans la poche de la chanteuse... Et elle débitait un raï délirant. Un moment inoubliable! Un moment vrai et fort...
Pour avoir entendu son dernier album, je peux dire que je n'y ai pas retrouvé cette ferveur et cet authenticité. Loin de là.
Par contre, la distribution du cd est impeccable.
Ce n'est pas tout à fait le cas pour l'excellente et fascinante Reinette L'Oranaise...
... ok, ok... là, maintenant, on est en plein dans la chanson populaire algérienne...

Quand je vous disais que je me dispersais...
Et encore, j'aurais pu dévier encore plus avec Feyrouz, Oum Kalthoum ou Hussein El Masry...

Ça nous éloigne du jazz ? Bof, pas tant que ça...
Pour preuve, j'aurais du me rendre le lendemain soir à la Monnaie ( Roberto Cassol, le frère de Fabrizio m'y invitait gentiment... mais j'ai du décliner, la mort dans l'âme, sa proposition... ) pour écouter Aka Moon : African Voices...
Vous voyez ce que je veux dire ?

A+

01:05 Écrit par jacquesp | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

01/05/2006

The KMG's - Au Bota

A l'initiative de l'ASBL SMart, ( qui s'occupe principalement de gérer les rémunérations ainsi que tous les problèmes administratifs des artistes ) et profitant de l'infrastructure mise en place par le Botanique pour les "Nuits Botanique", se déroulait ce jeudi une série de concerts.
Dont celui des inénarrables KMG'S.













Ceux-là adorent la scène et ont toujours du mal à la quitter.
Ce soir ils devront faire leur prestation en quarante minutes.
Cela ne les empêchera pas d'installer leur univers avec leur mise en scène à la fois kitch et drôle.
En effet, le groupe ( combo? collectif? ) entre sur scène guidé par Soul Flower ( Chrystel Wautier ) semant des pétales de fleurs sur la scène avant de découvrir... une boule à facette, symbole, s'il en est, de la disco.
Pour ne pas être éblouis, Wakas, Piotr Paluch et le reste des KMG'S chaussent alors des lunettes certifiées '70 et se transforment en "Sexy Fire, "Mister Scotch", "Deebeedeebop" , "French Kiss"ou autres "Big Boss".

A partir de ce moment, le funk, la soul, la disco prennent possession des musiciens... et du public.
Irresistible.
Un gros son envahit le châpiteau et les cuivres résonnent comme à le grande époque se Earth Wind And Fire, Sly and the Family Stone, Stevie Wonder ou James Brown.

Bien sûr, à l'avant-plan, illuminant la scène de son charisme, de son déhanchement et de sa voix sexy ( Why they call him "Sexy Fire"? ), Wakas emballe instantanément le public.
Le jeu de guitare est précis, nerveux et léger.
Pour rehausser encore le côté "Soul", Chrystel "Soul Flower" Wauthier s'est jointe au groupe. Et le dialogue avec Wakas se trouve ainsi encore plus pimenté. La voix est profonde, velouté et puissante.
L'humour est sans doute une autre composante de la réussite du groupe. Rien n'est sérieux: ni les paroles, ni les chorégraphies.
Rien n'est sérieux sauf la façon de produire la musique. Là, on ne rigole plus.
Le niveau est élevé et rien n'est laissé au hasard.
Quand Gilles "The Answer" Repond prend un solo au trombone, c'est du costaud. Idem pour Raph " French Kiss" Hallez" à la trompette ou Tuan "Big Boss" N'guyen au sax.
Et quand Piotr "Mister Scotch"Paluch quitte ses keyboards pour rejoindre l'avant de la scène avec son clavier Roland AX7, ou pour participer à une chorégraphie très suggestive, on ne peut qu'applaudir.
... mais on n'aura pas droit au strip-tease de Sexy Fire cette fois-ci, ce n'est que partie remise.

Je vous l'ai déjà dit et redit: IL FAUT vivre au moins une fois les KMG's en concert.
En attendant, vous pouvez toujours vous procurer le tout nouvel album Funky Soul Power sur leur site... et vous tenir au courant de leurs prochains passages sur scènes.













Avant d'échanger quelques mots avec Chrystel, Wakas et Piotr, j'ai eu l'occasion de voir la fin d'un concert dans la salle de l'Orangerie d'un groupe mélangeant ska et brass-band assez détonnant.
Malheureusement, je n'ai pas réussi à en connaitre le nom. Si quelqu'un y était et pouvait me renseigner, je lui en serai reconnaissant, car j'aimerais bien en savoir plus sur eux.
Et les revoir aussi...

A+

23:37 Écrit par jacquesp | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |