25/05/2006

Jazz Marathon. Résultat des courses. Part 2.


J’arrive sur la Grand Place vers 16h.
Casimir Liberski ( 1 ), vainqueur du concours des jeunes jazzmen la veille sur la place Fernand Cocq, est sur scène.
J’avais déjà entendu Casimir l’année dernière dans ce même concours. Desservi par un son lamentable et proposant un répertoire un peu « étrange » ( une relecture des thèmes de jeux vidéo, idée amusante au demeurant ), il ne m’avait pas vraiment convaincu.
Je l’avais revu par deux fois ensuite et n’avais toujours pas été aussi subjugué qu’il aurait fallu l'être… ( Sans doute aussi parce qu’on le présentait comme LE petit génie, et que j’en attendais plus qu’un jeu très calqué sur celui d'un Brad Mehldau...

Ce dimanche, Casimir n’a gardé que quelques attitudes de Brad et a surtout montré une vraie personnalité.
Une vraie énergie .
De vraies idées.
Avec en plus, le trio est très soudé.
A la basse, Janos Bruneel ( 2 ) déploie un jeu ample et franc. Loin de jouer les simples accompagnateurs, il intervient et propose des lignes mélodiques subtiles, nerveuses et pleines de verve.
Lui répondant – ou même le propulsant, Lionel Beuvens ( 2 ) fut lui aussi fantastique.
Vraiment, ce batteur me séduit de plus en plus. Son jeu est chaque fois plus rempli, plus brillant, plus créatif.
Cela se confirmera avec le groupe suivant auquel il participe cet après-midi.

Avec « Ramblin ‘ », par exemple, le trio s’enflamme et nous offre une version absolument explosive de ce morceau de Coleman. Et il en sera de même avec un morceau de Monk...
Quant au très sentimental « Cry Me A River », Liberski et ses amis nous livrent une version qui évite les clichés rendant ainsi ce thème vraiment prenant.
Et sur la Grand Place, ce genre d'exercice n’est pas facile.
Ah, si papa Liberski avait été là ( il était sur la Croisette…) il aurait été fier.
Le prix reçu samedi n’est sans doute pas usurpé, même si je n’ai pas eu l’occasion d’entendre les deux autres formations qui doivent en valoir la peine.
Peut-être passeront-ils au Sounds tous les trois comme ce fut le cas pour les lauréats de l’année dernière ? ( Allo, Jacobien ? )

Peter Hertmans ( 3 ) avait été choisi par le comité des Lundis d’Hortense pour débuter les concerts organisés par cette association.
Le nouveau Groupe ( Harmen Fraanje, Daniel Stokart, Lionel Beuvens et Théo De Jong ) de Peter s’est formé lors des soirées « laboratoires » à la Jazz Station cette année.
On peut dire que ce fut une rencontre bénéfique.
L’ensemble s’éloigne un peu de l'habituelle ambiance fusion ’70 chère à Peter, pour sonner beaucoup plus "actuel".
C’est flagrant sur des thèmes comme « Cadence » écrit dans les années ’70 et « Cadence 2 », nettement plus ensoleillé, écrit avec le groupe.
Peter joue d’ailleurs plus libre, plus ouvert, plus léger.
La présence de Daniel Stokart ( 5 ) au soprano - toujours aussi merveilleux – donne une luminosité supplémentaire à l’ensemble.
Harmen Fraanje ( 4 ) au piano, assez discret dans l’ensemble, a quand même l’occasion de se mettre en valeur ( sur « Akhasha » ?) avec un jeu limpide mais rigoureux.
Quant à la rythmique, elle donne assez de "nerf" pour maintenir la tension.
Les interventions à la basse électrique de Théo De Jong ( 3 ) en sont le parfait exemple.


Présenté par Toine Thys ( décidemment très à l’aise sur scène – et tiens, pourquoi pas Rackham ou Take The Duke sur le "podium du dimanche" l’année prochaine ? Ambiance assurée, je vous le promet. ), Chris Joris ( 6 ) installe fébrilement toutes ses percussions.

Mélangeant la « world » ( dans le bon sens du terme ) et le jazz, le groupe de Chris propage une belle chaleur dans ses thèmes ( le fantastique « Mal » ou encore « The Long Way Home » en sont de belles illustrations.)
Pierre Vaiana ( 8 ) au soprano est lui aussi irréprochable. Brillant, présent, redoublant de virtuosité.
Idem pour Fré Desmyter ( 7 ) au jeu cristallin qui répond si bien aux percus sourdes et profondes de Chris.
Quant Chris Mentens ( 8 ) à la contrebasse, il invente lui aussi de belles lignes mélodiques.

Chris Joris, toujours aussi fébrile, sort de scène après un set assez court, n'imaginant pas tout de suite qu'on lui offre bien plus de temps pour présenter sa musique.
Tout surpris et tout heureux, il revient sur scène reprend son concert...

Aaah... les artistes.

Alors que la pluie fait à nouveau son apparition et fait du même coup disparaître une partie du public, PHINC, dont vous pouvez lire ma chronique ici, clos le week-end.

Le bonnet enfoncé jusqu’aux oreilles, Steve Houben ( 10 ) joue avec autant de bonheur la flûte que le sax.
Avec son complice Jacques Pirotton ( 9 ) toujours aussi extraordinnaire à la guitare, ils explorent différents styles de jazz.
Ne s’occupant surtout pas d’étiquettes, passant de rythmes latins à des thèmes hard bop, free, rock, ou même classique, Phinc garde un son et une unité forte.
Soutenu efficacement par Sam Geerstmans ( 13 ) ( décidemment sur tous les coups, lui aussi ) à la contrebasse et Stephane Pougin ( 12 ) aux drums, Philippe Thuriot ( 11 ) peut lui aussi s’envoler dans des impros de toutes beautés qui donnent des frissons de mélancolie et de bien-être mélangés.

La fête se termine sous la pluie. ( Sinon, ce ne serait pas vraiment le "Drache-Marathon"...)
Le Music Village est rempli.
La place se vide, on démonte la scène.

Je rentre chez moi... prendre un vraie douche.

Et pour savoir ce qui se passait samedi soir à l'Arts-O-Bases, il suffit d'aller jeter un oeil chez Be.Jazz de mon ami Mwanji.





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17:00 Écrit par jacquesp | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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