30/04/2006

Alexandra Grimal - Erik Vermeulen à La Fontaine - Paris

Un soir, en discutant avec Manolo Cabras, qui me parlait de ses concerts aux Pays-Bas, en Belgique et en France, celui-ci me conseillait de retenir le nom d'une jeune et excellente saxophoniste française : Alexandra Grimal . ( "Jazzman" en parle dans le numéro d'avril.)
Bon élève, je fis aussiôt appel à l'équipe.
L'équipe, c'est la bande de Citizen Jazz, dont certains membres fréquentent régulièrement le très intéressant club Parisien La Fontaine, là où, justement Alexandra y est à "résidence".
Les échos étaient plus que positifs...

Ayant fait une partie de ses études musicales en Hollande, cela permit à Alexandra de rencontrer des musiciens belges avec lesquels elle travaille régulièrement: Dré Pallemaerts ou Jozef Dumoulin entre autres.

Je n'ai pas encore eu l'occasion de l'entendre, mais je ne désespère pas...

Dernièrement, à l'invitation de la saxophoniste, Erik Vermeulen eut l'occasion de partager la scène de La Fontaine avec elle.
Sur son blog "Samizdjazz", Damien en fait un très bon compte-rendu.

Ça me donne encore plus envie l'entendre.
Avec Erik ou d'autres.

Alors, pour finir et compléter le texte de Damien, je rajouterai simplement qu'Alenxandra a failli ne pas pouvoir jouer à cause d'un accident ( ouf, tout s'est bien terminé ) et que le batteur, ce soir-là était Fredéric Jeanne...

;-))

A+

23:09 Écrit par jacquesp | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

26/04/2006

Pourquoi j'aime le jazz.


Etienne Richard et No Vibrato se produiront le 29 avril à La Maison Pelgrims, rue de Parme, 69, 1060 St Gilles.

Un concert comme un autre?
Non.
En jazz, de toute façon, rares sont les concerts qui se ressemblent... mais celui-ci sera un peu particulier.

Etienne - qui adore communiquer avec les gens, le public et les musiciens - proposera justement d'aller un peu "plus loin" qu'un simple concert en discutant, parlant ou échangeant des idées avec le public à propos de passion, de vie... de jazz.

Je ne peux pas expliquer pourquoi j'aime cette musique et les gens qui la font.

Mais peut-être comprendrez-vous en lisant ce que Etienne en dit lui-même:

"Jazz et engagement personnel."

1. Pourquoi le jazz ?

Dans une société où le mot "Art" est synonyme de loisir ou divertissement,
où le mot "spectacle" est synonyme de show,
où le mot "musique" se résume à un produit facile à digérer porté par la pub et les médias,pourquoi essayer de devenir artiste professionnel avec une musique peu rentable commercialement, avec la quelle on ne sera jamais une star ?
Pourquoi faire des études parfois longues, parfois coûteuses ?
Certains sont tombés dedans quand ils étaient petits.
D'autres ne savent rien faire d'autre.
Tous sont passionnés…

2. Mon parcours.

En ce qui me concerne, j'ai attendu l'âge de 32 ans pour faire ce choix.
Dans les milieux socioculturels et associatifs depuis l'âge de 16 ans, j'ai appris à travailler en équipe au service d'idées et d'actions de type social ou politique.
Effectué dans des statuts précaires ou le bénévolat, ce type d'engagement laissait peu de place à l'épanouissement personnel.
J'ai souhaité changer d'orientation.
Connaissant les milieux artistiques et aimant passionnément le jazz, j'ai pressenti que la pratique de cette musique pouvait concilier le développement personnel, une forme d'organisation du travail en harmonie avec mes idéaux au sein d'une équipe de musiciens ainsi qu'une implication dans une société en transformation.

Après 15 ans de pratique, où en suis-je ?

3. L'individu

L’improvisation est un langage, dont il faut bien sûr maîtriser le vocabulaire: harmonie et rythme. C’est une forme supérieure d’expression individuelle et de communication, qui paradoxalement, n'est jamais aussi intense que lorsque elle est à l'œuvre dans un groupe de musiciens, qui la soutiennent et l'inspirent.
Emotion, intuition, spontanéité peuvent s’y retrouver.
C’est vivre ici et maintenant (comme en mai 68 ! ).
Le jazz et l'improvisation ont aussi des accents libertaires: il y a des règles, parfois complexes. Les maîtriser pour se jouer d'elles et les dépasser procurent un grand sentiment de liberté et de créativité.
Le travail de composition et sa réalisation ont également le même effet.
Y arriver demande beaucoup de travail personnel, une auto-discipline.
Mais dans l'aboutissement on est jamais tout seul…

4. Le groupe

L'improvisation et la pratique du jazz, c'est aussi un dialogue avec ses partenaires, fait idéalement d’écoute et d’attention, où le résultat visé est l’unité et la fusion. Il faut un travail précis et rigoureux pour mettre en place la mélodie, les arrangements, le thème d'un morceau qui vont faire place ensuite aux improvisations, au "solos". Tout en usant chacun de leur instrument de manière personnelle, les musiciens vont collaborer étroitement pour que chaque individu fasse partie d'un tout à chaque instant.
La présence d'un leader ne pose aucun problème si le seul but est le résultat artistique.
Beaucoup de musiciens sont leaders de leur propre groupe et au service des leaders d'autres groupes.

J'aime cette façon de travailler dans une équipe !

5. Le public

Le rapport d'un individu ou d'un groupe d'individus à un grand nombre d'individus est au cœur de l'histoire de l'homme. Histoire faite de catastrophes lorsque ce sont la manipulation et la démagogie qui sont à l'œuvre.
Lors d'un concert avec ce type de musique ( jazz et musiques actuelles ), le public ne consomme pas un produit, mais doit faire au départ un petit effort pour "entrer" dans l'événement, pour participer au monde musical et sensoriel qui lui est proposé.
Dans de nombreux concerts avec No Vibrato (et d'autres formations), j'ai eu l'impression qu'une fois les contacts noués avec le public, les rapports étaient plus "vrais".
Comme si ces soir-là, c'était le meilleur de l'homme qui était à l'œuvre: la sensibilité, l'émotion, l'humour, la générosité…

6. La société

Le jazz est en mouvement depuis un siècle. Il a été le reflet des oppressions et des changements dans la société occidentale.
Malgré que l'on s'en serve souvent, il demeure irrécupérable par le show-business et la société de consommation.
Aujourd'hui, encore, il se transforme et se métisse, à l'image des peuples qui tentent de le faire.
Je fais partie de cette évolution. Je suis sensible depuis longtemps à d'autres cultures et d'autres musiques, qui aujourd'hui resurgissent dans mes compositions.

Etienne RICHARD

__________

Alors... samedi 29 ?
A 20h.

__________

21:12 Écrit par jacquesp | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

19/04/2006

Jazz et vidéo.

En me baladant ailleurs que dans les clubs de jazz - c'est à dire sur les blogs, sites et autres forums de jazz - je suis tombé sur quelques jolis documents.

Le premier, je l'ai trouvé chez Mwanji qui n'a pas son pareil pour dénicher des perles sur le net.

Sur son blog ( be.jazz ) , j'ai découvert un superbe document sur cet extraordinnaire pianiste: Michel Petrucciani.
C'est émouvant, drôle et intéressant.
Ça vous permettra, en plus, d'illustrer mon propos sur la synesthésie...
Regardez le film, vous comprendrez.









Ailleurs sur le net, un "invité" sur le forum du site d' Erik Truffaz proposait lui aussi des documents filmés.
( A propos, avez-vous acheté le dernier double CD: "Face-à-Face" de Truffaz ? Il s'agit d'un "live" qui reprend les concerts avec son Quartet ( Group ) et avec le Ladyland... Un must ! ).
J'en reparlerai.

Bref, là, j'ai découvert 2 vidéos.
L'une concernant le concert d'Erik Truffaz bien sûr, et l'autre concernant le concert de Maäk's Spirit & Gnawa Express lors du festival de Jazz à Vannes le 29 juillet 2004.

A+

22:34 Écrit par jacquesp | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

17/04/2006

Rosy et Sergio ont 20 ans !

Si vous lisez de temps en temps ce blog, vous n'êtes pas sans savoir que je fréquente régulièrement le Sounds.
J'y étais encore jeudi dernier pour la "Singer's Night Special Benefit Concert"...
Ce club incontournable de la vie jazzique belge fêtait ses 20 ans ce samedi.
Comme beaucoup de monde, je ne pouvais pas manquer ça...






Pour l'occasion, Sergio et Rosy ( 5, 6 et 7 ), entourés de leur efficace bataillon de serveuses, avaient invité un autre habitué des lieux pour un concert gratuit: Philip Catherine ( 8 ) et son trio.
Autant dire qu'il fallait être là tôt pour avoir une bonne place... (1)






Je ne vais pas vous faire le détail de la soirée. Il y aurait trop de choses à dire.
Et je vais sans doute oublier de citer tous les gens avec qui j'ai parlé. Car ce fut l'occasion de rencontrer, discuter, boire un verre et rigoler avec pas mal de musiciens... mais aussi d'écouter beaucoup de jazz, puisqu'une jam était organisée.
Tout le monde n'a pas pu jouer ( pourtant la nuit fut longue ), ou bien n'a pas voulu.
Teun Verbruggen et Nicolas Kummert ( 2 ), par exemple se réservaient pour l'enregistrement le lendemain du nouvel album de Jef Neve( 3 ). ...hé oui, il y aura des souffleurs sur le prochain disque.
Diederick Wissels ( 4 ) non plus ne jouera pas. Il me confirmera qu'il travaille sur un album solo. Mais pour lui, ce sera un enregistrement en deux temps, durant l'été et dans le sud de la France...





Sur scène, c'est Michael Blass( 9 et 24 ) qui organisait la jam.
Et ce fut un défilé d'excellents musiciens belges...
Après qu' Hagen Williquet eut ouvert les hostilités de façon un peu "gauche" ( trop excité à l'idée d'être le premier sur scène ), ce fut Bart Defoort ( 9 ) qui mit le feu. "Dans des conditions pareilles, on est un peu obligé d'y aller à fond." me dira t-il.
C'est ce que fit aussi Chrystel Wauthier ( 10 ), à l'aise dans ce genre d'exercice, avant que Palolo Radoni ( 11 ) ne vienne également participer à la fête.
Au bar, je discute avec Jean-Paul Estivenart ou Mélanie De Biasio tandis que Mimi Verderame ( 12 ), après avoir joué avec Philip Catherine, est retourné derrière ses tambours.






Puis, c'est au tour de Cedric Raymond ( 13 ) d'investir le piano, et à Carine de prendre la contrebasse.
L'intensité ne baisse pas.
Au sax, Robert Jeanne ( 16 ) est venu de Liège avec le fabuleux trompettiste Jean-Pol Steffens pour nous livrer du hard bop endiablé.
Alors que Gino Lattuca ( 17 ) hésite encore un peu...
Cela me permettra de discuter avec lui et d'apprendre que la sortie d'un disque sous son nom ( avec Yvan Paduart ) est en bonne bonne voie. Voilà encore une bonne nouvelle!






Après avoir été à l'étage où Pascal Noël présentait son futur projet: European Music House à la presse, je retrouve à mon grand étonnement Michel Hatzi ( 21 ) à la batterie !!!
Et ça sonne!
De même, lorsque Fabien Degryse ( 19 ) à la guitare, se fend de solis extraordinnaires ou quand Jean Van Lint ( 19 ) à la basse, "scatte" de manière éblouissante, ou encore, lorsque Gilles Repond ( 20 ) redouble de puissance au trombone, tout le monde est scotché! ( Comme Jempi ( 15 ) ou Jozef Dumoulin ( 19 ) ... )






Je rencontre encore plein d'autres habitués du Sounds: Renaud Person, Véro et Corinne ( tiens, elle ne chantent pas ce soir ? ), Chris Mentens, Christine, Jacobien, Marek Patrman, Philippe Aerts, Etienne Richard ( prêt à attaquer les concerts du "Jazz Lab Series" avec No Vibrato ), Lionel Beuvens ( de retour de New York ), sa soeur Eve ( dont j'ai raté - encore ! - le concert à la Jazz Station en fin d'après midi! ) ou Pascal Schumacher ( 3 ) ...
Entretemps, Erik Vermeulen ( 22 ) est arrivé, ainsi que Toine Thys ( 23 ) pour jouer avec le décidemment très en forme Bart Defoort ( 29 )... Encore un autre très bon moment !
Puis Michael Blass ( 24 ) reprend le piano. Christophe Astolfi ( 25 ) et Gino Lattuca ( 28 ) embrasent à leur tour le club qui ne désemplit pas ( 26 ) alors qu'il est déjà plus de 3h.30...






Ben Ramos ( 27 ) a rejoint à nouveau la scène avec d'autres musiciens pour maintenir la pression. Jan De Hass ( 4 et 30 ) fera pareil...
La nuit n'aura pas raison de la jam, c'est sûr.
On n'a pas tous les jours "20 ans".
Quant à moi, je me raisonne finalement à essayer de quitter ce temple, à qui je souhaite encore de nombreuses années de jazz, de découvertes et de moments fantastiques...
Il est quand même 4h.20...
C'est vrai que je suis un peu crevé.
Moins, toutefois, que mon pneu avant gauche... ( 31 ). Mais ça c'est pas du jazz, c'est de la mécanique.

;-)

A+

02:04 Écrit par jacquesp | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

13/04/2006

Ben Sluijs Quartet au Walvis

Mardi soir au Walvis ( dont j'ai déjà parlé ici ) jouait le Ben Sluijs Quartet

Je suis arrivé juste à temps pour le premier morceau.
Le monde s'agglutinait autour du groupe pour profiter pleinement de l'énergie que dégage le quartet. Il faut dire aussi que la configuration du lieu s'y prête plutôt.

Je suis depuis longtemps et de très près ce groupe et il ne cesse de m'étonner.
La cohésion est de plus en plus forte, et le goût d'aller vers un jazz de plus en plus "ouvert" est flagrante.

L'interaction entre Ben et Jereon Van Herzeele est de plus en plus efficace.



La liberté musicale est palpable. Sans aucun doute due à la confiance et au respect mutuel des musiciens.

Ben, toujours lyrique, n'hésite plus à partir dans des délires fantastiques. On sent chez lui un bonheur de jouer et une créativité sans borne.
Sans doute a-t-il été poussé - ou mis en confiance? - par Jereon dont le jeu ne cesse d'évoluer encore et toujours.

Le jeu de celui-ci est encore plus fluide, plus gras, plus strident, plus free, plus puissant...
... Plus...
Ce soir, et pour la première fois depuis longtemps, il avait resorti son alto pour un morceau où Ben et lui joueraient à l'unisson.
Jereon me dira plus tard, qu'il avait débuté la musique par le sax alto en "classique".

Mais, Jereon c'est surtout ce gros son influencé par Ayler et toute l'école free.
Et dans ce quartet, il y est vraiment à sa place.
( Je l'avais vu aussi avec "Maâk's Spirit" au K.Fée à Mons où il était déchaîné là aussi... ) Fantastique!

Et puis le quartet de Ben, c'est aussi Manolo Cabras à la contrebasse et Marek Patrman à la batterie. Quelle tuerie ces deux-là.

Manolo est très physique avec son instrument. L'employant à fond. En allant chercher tous les sons possible. Il tire sur les cordes, frappe sur la caisse, se balance dans tous les sens.
Mais il sait aussi se faire doux et délicat... et est toujours d'une musicalité extrême.

Pour Marek, c'est un peu pareil.
Il sait être explosif comme il peut être subtil et fin. Ce qui sert excessivement bien les compos et les impros du groupe.
Et il s'agit véritablement d'un groupe.
Il suffit d'entendre les chemins qu'ils prennent sur des morceaux comme "Schooled Minded" ou l'évolution sur un thème comme "Mali"...
Du grand art.
Tout ce qui fait que l'on soit fasciné par le jazz: cette prise de risque, l'excitation d'une voie inconnue, la dissection d'une mélodie pour en arriver à la quintessence...


Le jazz en "live"... rien de plus extraordinnaire.
D'ailleurs, pour en garder une trace, le quartet de Ben Sluijs sortira en septembre un double album live ( enregistré à Antwerpen, au Vooruit à Gand, au Sounds et ailleurs. )
J'ai eu la chance d'en écouter quelques extraits... c'est du bonheur.

Bien sûr je suis un inconditionnel de Ben, alors pour vous faire une autre opinion, allez jeter un coup d'oeil sur Be.Jazz, de mon ami Mwanji qui était au Walvis ce soir aussi.

Des amis, il y en avait d'autres aussi dans la salle.
Erik Vermeulen ( dont je n'ai pas pu voir son concert en trio au F.Sharp dimanche dernier...)
ou encore Michael Blass.






Alors, dois-je encore vous expliquer pourquoi j'ai mis trois heures de plus pour rentrer chez moi... ???

A+

22:38 Écrit par jacquesp | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Un dernier crochet par le Sounds - Jef Neve Trio

Samedi soir, après les concerts du "Clouds Festival" à la Jazz Station, je suis quand même passé par le Sounds pour écouter la fin du concert de Jef Neve...
Hé oui, on est accro ou on ne l'est pas...













L'endroit était bien rempli.
Le trio terminait son deuxième set et l'ambiance était chaude.
Et j'ai bien fait de passer - on ne regrette jamais un passage dans un club de jazz - car j'ai pu entendre un nouveau morceau de Jef: "Nothing But A Casablanca Turtle Slide Show Dinner"... comme je vous le dis.
Jacobien me précisa qu' il avait joué ce morceau pour la première fois au célèbre Bimhuis à Amsterdam.
Un morceau de dingue, comme Jef les affectionne.
Le démarage est classique - influencé sans doute par son travail sur les Variations Goldberg - pour terminer dans un furieux délire...
Pour la petite histoire, Jef me raconta que ce thème avait mûri dans son esprit alors qu'il attendait une correspondance à l'aéroport de Casablanca...
Cinq heures d'attente.
Jusque là, rien de drôle... sauf si Jef s'endort sur la banquette et... rate son avion!
Dans un aéroport où il n'y a rien a faire... Jef a écrit ce morceau conçu pour être joué avec deux ou trois souffleurs...
Ça promet.

Le trio sera en studio dans deux semaines pour l'enregistrement de leur troisième album qui devrait sortir aux alentours d' octobre/novembre.

A+

20:58 Écrit par jacquesp | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

11/04/2006

Clouds Festival (NU:BE ) - Jazz Station

Samedi soir, la dynamique et nouvelle ASBL ( 1 an à peine ) NU:BE proposait son premier festival à la Jazz Station à St-Josse.
"NU:BE", si j'ai bien compris, est un jeu de mots à tiroirs.
Nube veut dire "nuage" en espagnol.
Pourquoi en espagnol ? Parce que Uxia Dominguez ( co-fondarice avec Thomas Champagne de cette association ) est espagnole...
Puis, les nuages, ce n'est pas ce qui manque en Belgique.
Et puis l'ambition de "NU:BE" est de promouvoir les jeunes talents belges ( d'où "Nu", comme Nu-jazz, Nu-bossa etc... ) par-delà les frontières... Et qui mieux qu'un nuage serait capable de les enjamber ?

Trève de sémantique et d'éthymologie, passons à la soirée.
Le club avait fait le plein, et ça faisait palisir à voir.
Quant à la programmation, elle était joliment élaborée...













Premier groupe à monter sur scène: Renato Baccarat ( guitare et chant ), Felisa Cereceda (chant) et Daniel Termont ( guitare ).
Trio sympathique - mais un peu figé - qui oscille entre jazz et folk influencé par les chansons traditionnelles italiennes, bresiliennes ou chiliennes.
Peut-être étaient-ils un peu stressés? Cela manquait de fluidité, de détente, de sourire... Même si la plupart des chansons ne prêtaient sans doute pas à rire.
De plus, Felisa Cereceda, malade, ne put donner le meilleur d'elle-même. Dommage.
Un peu trop appliqué pour donner toute la saveur que peut dégager ce genre de musique, le trio doit encore mûrir...











Ce fut ensuite au tour de 4 in 1, nouveau projet de Lorenzo di Maio(G), Jean-Paul Estiévenart (Tp), Toon Van Dionant (D) et Ben Ramos remplacé ce soir par Nicholas Yates à la contrebasse.
Ici, l'énergie est différente.
Entre tradition hard-bop et jazz actuel, le groupe développe un beau son, rond et swinguant.
Les arrangements sur le standard "Alone Together" par exemple, sont très intéressants. Une sorte de "chase" entre la guitare et la trompette est du meilleur effet... Et le touché très groovy de Nicholas Yates est à souligner aussi...
Mais c'est dans leurs propres compositions que le trio se fait plus convaincant encore.
Après une ballade somme toute assez classique, le très nerveux "Monk Trane" se révèle un superbe morceau.
Malgré qu'il n'y ait ni sax ni piano, l'esprit des deux monstres y est.
Il y a l'éclat et la brillance dans le jeu d'Estienvenart, l'interaction avec la batterie claquante de Toon et les riffs ponctuels de Lorenzo à la guitare. Bref, on en redemande...
Mais c'est dans une ambiance plus "nocturne" et feutrée que "4 in 1" termine le set avec une autre de leurs compos: "Dear Robert".
On pense un peu à Miles ( époque "Ascenseur Pour l'Echafaud" ) ou à Chet... avec cette pointe de modrenité et de groove en plus...
Beau groupe en devenir. A revoir.













Avant que le Trio de Thomas Champagne ne monte sur scène, Tuur Florizoone en solo, au piano puis à l'accordéon, fera vibrer la Jazz Station.
Il nous interprète d'abord une sorte de valse aux accents brésiliens, à la fois sombre et lumineuse.
Puis, en évoquant la musique des Balkans et en faisant respirer son accordéon comme le vent qui souffle dans la plaine, il nous fait entrevoir comme un soleil d'hiver.
Tuur amène alors le public à retenir son souffle et impose un silence dans lequel il fait chanter le bois et les touches de son instrument avant de repartir dans une danse éclatante...
Superbe musicien à la sensibilité vraie.

Ensuite, le jazz moderne et ouvert du trio de Thomas Champagne électrise encore un peu plus la salle.
On retrouve à la basse Nicholas Yates et à la batterie Didier Van Uytvanck imposant une rythmique nerveuse et radicale.
L'esprit tend à aller vers des impros très ouvertes rappelant parfois Ornette Coleman ou Wayne Shorter.
Ça voyage, ça bouge, ça remue. Les trois musiciens impriment un groove qui jamais ne s'enferme dans une systhématique. Il y en a toujours un pour relancer l'autre.
Même sur un "blues" comme "Pop Corn", le swing désarticulé est omniprésent et est souvent bousculé comme dans un moment d'ivresse.
Parfois aussi, les thèmes sont plus hypnotiques comme sur le dernier morceau joué ce soir ( "Camel Dance" ? ).
Un thème qui n'est pas sans rappeler "Mali" de Ben Sluijs, mais qui "dévie" progressivement vers des rytmes plus chaloupés aux intonations latinos...










Tricycle clôturera de belle manière ce festival.
Les trois musiciens ( Tuur Florizoone (acc), Vincent Noiret ( cb) et Philippe Laloy (AS, Flûte) ) s'amusent sur scène et la complicité est évidente.
Et cela se resent dans leur musique.
Les influences sont diverses ( klezmer, valse, tango... et le jazz bien sûr ). Le tout s'enchevêtre avec bonheur et simplicité.
On entend même quelques notes orientales sur "Contamines,mon joie" par exemple.
Avec "Jouer au Parc Rouge", c'est une construction fragile qui s'échafaude pour arriver à un thème joyeux comme des jeux d'enfants...
Avec "Pas ce soir, je suis crevé" ( en hommage à Thomas et Uxia ), le morceau, commençant de façon désabusée, se termine sur un groove mélangeant jazz et musette cher à Galliano.
Il faut souligner ici aussi le vrai talent de Philippe laloy au soprano, débordant d'énergie et de finesse.
Ce dernier se montrera aussi très subtil et sensible à la flûte basse - rappelant presque le son de la flûte indienne - sur le très beau "Katter"...

Une belle réussite que ce premier "Clouds Festival" à qui je souhaite... bon vent.
Et que j'espère retrouver l'année prochaine pour y vivre d'aussi belles aventures.

A+

00:37 Écrit par jacquesp | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

09/04/2006

Singer's Night Special Benefit Concert au Sounds

Une fois n'est pas coutume.

Juste un post pour vous signaler que Jeudi 13 avril, au Sounds, l'habituelle "Singer's Night" sera un peu particulière.

En effet, il s'agira d'un "Benefit-Concert" pour Angelique Nicole.
Cette vocaliste "Soul-Jazz" de Detroit - après quelques désillusions et déboires en Belgique bien indépendants de sa volonté - rentrera définitivement aux States le 24 avril...
Et un billet, ça coûte cher.

Pour avoir l'occasion de l'entendre une dernière fois, d'entendre plein d'autres excellentes chanteuses et plein de guests, rendez-vous au Sounds jeudi...

P.A.F. 10€ ( étudiants 5€ )

See you there.

20:15 Écrit par jacquesp | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Gino Lattuca - Sounds (...et autres nouvelles )

Parmi les excellents trompettistes belges que j'aime, il en est un qui me semble un peu trop souvent rester dans l'ombre.
Ou du moins, peu souvent mis en avant.
Un type trop discret, quoi.
Et pourtant, il a un sacré talent.
Hé oui, on n'est pas dans le BJO par hasard...

Vendredi soir au "Sounds", Gino Lattuca se présentait en quartet.
Un quartet... "non officiel" dirons-nous.
Dans le sens où l'on ne retrouvait pas les "réguliers" - tout en tenant compte que cela retse une notion quand même assez vague pour le quartet de Gino.

On retrouvait donc au piano Eric Vermeulen, à la basse Bart De Nolf et à la batterie Jan De Hass.
Des musiciens qui se connaissent assez pour pouvoir nous offrir deux bons sets de jazz.
Et c'est dans une une bonne ambiance, détendue et souriante qu'on a eu droit à une série de standards. Ce sont donc "One Finger Snap" ( Hancock), "Just Friend" ou encore "Meaning of The Blues" qui ont défilé.

Au bugle ou à à la trompette ( souvent "muted" ), Gino possède un son limpide, sûr, élégant... virtuose. Sans jamais en faire des tonnes. Juste ce qu'il faut pour faire passer l'émotion et le swing.
Fidèle à lui-même. La classe quoi.
Derrière, la rythmique est impeccable. Bart De Nolf s'offre quelques très beaux solis, justes et profonds, sur "Just Friends" par exemple. Et Eric brillera sur le thème de Hancock avec une impro fabuleuse...

Belle soirée entre amis où la détente sur scène était au rendez-vous aussi...

Après le concert, je me retrouve évidemment au bar à discuter avec quelques habitués.
J'aurais ainsi la confirmation par Teun Verbruggen lui-même ( de retour du CC Ans où il jouait avec "Qu4tre" ) qu'il ne fera plus partie du Pascal Schumacher Quartet. Une page se tourne.
Il faut dire que Teun est sur plusieurs projets, dont certains en leader ( VVG Trio qui vient de sortir un album avec - en guest - Magic Malik, mais aussi Othin Spake, Nozzle Slag ) , et d'autres en tant que co-leader ou particpant ( Jef Neve Trio, Flat Earth Society, Molo, ou encore Rackham)...
Voilà de quoi faire.
Pour plus de détails ou infos, allez visiter son site.

Puis, je taille une petite bavette avec Christine ( qui s'occupe activement de la programmation du Rideau Rouge, à la Ferme de la Brire à Lasne et de l'Arts-O-Base à Bruxelles ).
Choisir les concerts à voir lors du prochain "Brussels Jazz Marathon" ne sera pas facile, croyez-moi...

Et puis, bien sûr, discussion avec Sergio - qui va encore nous gâter prochainement... et pas que la semaine prochaine pour fêter les 20 ans du Sounds ( j'en reparlerai ) - et avec Jempi, autant impliqué à la radio ou dans la presse que pour donner un coup de pouce aux artistes. Comme par exemple par la mise sur pied ( avec l'aide de Sergio et Rosy ) d'un concert "benefit" au profit de Angelique Nicole.

A+

19:53 Écrit par jacquesp | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

05/04/2006

Podcast

C'est pas très neuf, mais assez récent quand même.
Et ça cartonne.
Normal. Pouvoir écouter ( ou réécouter ) quand on le désire l'émission de radio qu'on a raté parce qu'on bossait, parce qu'on été au concert, parce qu'on dormait... c'est plutôt chouette.

Je vous avais déjà refilé le lien vers un enregistrement de Jef Neve à l'Archiduc sur Vox ( qui est une "radio" 100% Podcast ).

Du côté des radios "classiques", certaines s'y sont mises.
Vous avez tous entendu les pubs pour le podcasting des émissions de la RTBF... ?
C'est bien, c'est un bon début mais, contrairement à "Vox" par exemple, il n'y a pas trop de musique.
Hé oui, la RTBF n'a pas encore trouvé d'accord avec les maisons de disques qui considèrent le Podcasting comme du piratage...
Donc, pour les émissons "jazz" de Philippe Baron à qui j'ai souvent demandé des "rediffusions" via Internet... ce n'est pas encore pour tout de suite.

Sur la VRT, cependant, il est possible de réécouter les émissions de Marc Van den Hoof.

On peut aussi écouter l'émission de Jempi diffusée le dimanche soir sur "FM Brussel" via le net.

Grace à ce sytème, on peut écouter l'émission de Taran qu'il anime sur "Radio-G" ( 101.5 FM, Angers, France ) et qui est consacrée principalement au free-jazz.
Et toujours en France, on peut écouter - dans un autre style - l'émission d' Alain Gerber "Le Jazz est un Roman" sur France Musique...

C'est pas beau le progrès?

A+

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P.S. : L'interview de Coltrane-Washington-Lake réalisée lors de leur passage au Sounds à Bruxelles par nos amis de Panik Room sera diffusée le samedi 15 avril à 21h sur Radio Panik ( 105.4 fm.)... mais malheureusement pas en "podcast"...
Soyez à l'écoute.

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23:53 Écrit par jacquesp | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

04/04/2006

Citizen Jazz - La chronique de "Alone" d'Ivan Paduart














J'ai chroniqué pour "Citizen Jazz" l'abum solo de Ivan Paduart.
Album attachant, possèdant de très beaux moments.
Comme vous le lirez ( peut-être ), ce sont certaines petites "études" qui me pertubent...
J'ai l'impression - mais ce n'est que mon avis et mon sentiment - qu'elles déforcent un peu la cohésion du disque.
Un album d'Erik Vermeulen en trio ( "Inner City" ) procédait un peu de la même manière. Mais là, les "intermèdes" jouaient un rôle de charnière... ou... de verrou (c'est selon), et donnaient à l'ensemble une puissance incroyable...
Mais cet album, que je trouve fantastique, à la musique un peu plus cérébrale que celle de Paduart, n'a pas toujours été bien perçue...
Comme quoi...

A+

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Le site d'Ivan Paduart.

Ivan sera en concert le 6 et 7 avril au Music Village avec Richie Buckley, Sam Gerstmans et Joost Van Schaik.

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21:09 Écrit par jacquesp | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |