13/04/2006

Ben Sluijs Quartet au Walvis

Mardi soir au Walvis ( dont j'ai déjà parlé ici ) jouait le Ben Sluijs Quartet

Je suis arrivé juste à temps pour le premier morceau.
Le monde s'agglutinait autour du groupe pour profiter pleinement de l'énergie que dégage le quartet. Il faut dire aussi que la configuration du lieu s'y prête plutôt.

Je suis depuis longtemps et de très près ce groupe et il ne cesse de m'étonner.
La cohésion est de plus en plus forte, et le goût d'aller vers un jazz de plus en plus "ouvert" est flagrante.

L'interaction entre Ben et Jereon Van Herzeele est de plus en plus efficace.



La liberté musicale est palpable. Sans aucun doute due à la confiance et au respect mutuel des musiciens.

Ben, toujours lyrique, n'hésite plus à partir dans des délires fantastiques. On sent chez lui un bonheur de jouer et une créativité sans borne.
Sans doute a-t-il été poussé - ou mis en confiance? - par Jereon dont le jeu ne cesse d'évoluer encore et toujours.

Le jeu de celui-ci est encore plus fluide, plus gras, plus strident, plus free, plus puissant...
... Plus...
Ce soir, et pour la première fois depuis longtemps, il avait resorti son alto pour un morceau où Ben et lui joueraient à l'unisson.
Jereon me dira plus tard, qu'il avait débuté la musique par le sax alto en "classique".

Mais, Jereon c'est surtout ce gros son influencé par Ayler et toute l'école free.
Et dans ce quartet, il y est vraiment à sa place.
( Je l'avais vu aussi avec "Maâk's Spirit" au K.Fée à Mons où il était déchaîné là aussi... ) Fantastique!

Et puis le quartet de Ben, c'est aussi Manolo Cabras à la contrebasse et Marek Patrman à la batterie. Quelle tuerie ces deux-là.

Manolo est très physique avec son instrument. L'employant à fond. En allant chercher tous les sons possible. Il tire sur les cordes, frappe sur la caisse, se balance dans tous les sens.
Mais il sait aussi se faire doux et délicat... et est toujours d'une musicalité extrême.

Pour Marek, c'est un peu pareil.
Il sait être explosif comme il peut être subtil et fin. Ce qui sert excessivement bien les compos et les impros du groupe.
Et il s'agit véritablement d'un groupe.
Il suffit d'entendre les chemins qu'ils prennent sur des morceaux comme "Schooled Minded" ou l'évolution sur un thème comme "Mali"...
Du grand art.
Tout ce qui fait que l'on soit fasciné par le jazz: cette prise de risque, l'excitation d'une voie inconnue, la dissection d'une mélodie pour en arriver à la quintessence...


Le jazz en "live"... rien de plus extraordinnaire.
D'ailleurs, pour en garder une trace, le quartet de Ben Sluijs sortira en septembre un double album live ( enregistré à Antwerpen, au Vooruit à Gand, au Sounds et ailleurs. )
J'ai eu la chance d'en écouter quelques extraits... c'est du bonheur.

Bien sûr je suis un inconditionnel de Ben, alors pour vous faire une autre opinion, allez jeter un coup d'oeil sur Be.Jazz, de mon ami Mwanji qui était au Walvis ce soir aussi.

Des amis, il y en avait d'autres aussi dans la salle.
Erik Vermeulen ( dont je n'ai pas pu voir son concert en trio au F.Sharp dimanche dernier...)
ou encore Michael Blass.






Alors, dois-je encore vous expliquer pourquoi j'ai mis trois heures de plus pour rentrer chez moi... ???

A+

22:38 Écrit par jacquesp | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Ben Sluijs Quartet Un ami belge m'a fait connaître le Ben Sluijs Quartet, par l'album True Nature enregistré en octobre 2004. En effet, les deux sax (sur l'album, Jeroen Van Herzeele est au ténor) forment une paire épatante. Fraîcheur, urgence (3 Times Nothing, le morceau d'ouverture), grandeur recueillie (Mali, offrant Ben Sluijs à la flûte), échappées, sauts de bubale, élans conjoints se côtoient en cette beauté d'album. J'espère avoir bientôt l'occasion de voir cette formation sur Paris.

http://chaambaland.blogspot.com/

Écrit par : chaamba | 21/04/2006

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