19/03/2006

Collard-Neven - Rassinfosse. Duo à la Maison Autrique

Restaurée depuis quelques années, la Maison Autrique ( construite en 1893 par Victor Horta ) vaut à elle seule la visite.
Située entre le Botanique et l'Avenue Louis Bertrand à Schaerbeek, elle y acceuillait ce mardi soir ( le 14 ) un duo plutôt singulier.

Jean-Philippe Collard-Neven au piano et Jean-Louis Rassinfosse à la contrebasse.
La rencontre entre le jazz et la musique classique. Quoique cette "étiquette" n'est peut-être pas totalement judicieuse.
En effet, si Rassinfosse vient du jazz, il reste très sensible la chanson française. Quant à Collard-Neven, si sa formation principale est la musique classique et contemporaine, on le sait aussi auteur de musiques pour le théatre d'enfants ou accompagnateur de chanteurs "français".
La fusion de ces deux mondes ne pouvait donner naissance qu'à un duo au caractère bien personnel.













Pour preuve de cet eclectisme: le répertoire... Et surtout la façon de l'arranger et de l'interpréter.
On commence par exemple avec la musique de Ennio Morricone: Le Clan Des Sciciliens où Rassinfosse et Collard-Neven s'échangent le thème. Pas question de leader ici, tout est dans le savant dosage des mélanges. Puis l'ambiance intimiste de ce premier thème fait place à Cool Journey, une sorte de valse estivale et très ensoleillée.

L'improvisation sera bien sûr de la partie, comme sur le standard My Romance, où Jean-Louis, après avoir exposé le thème de manière très "détachée", s'emballe avec ferveur et émotion, alors que Jean-Philippe le développe en y mettant beaucoup d'âme et de sensibilité.
Ce "jazz de chambre", vu par ces deux musiciens est un régal.
Et ce n'est rien à côté de ce moment sublime où ils interprèteront Jeito Cigano.
Cette composition de Rassinfosse et Marcia Maria est extraordinnaire. Après l'intro/impro au piano, on sent comme un orage menaçant s'approcher... Mais ce gros nuage n'explose pas et amène plutôt une danse lente et mélancolique. Une sorte de Bolero où Jean-Louis investit totalement la contrebasse, allant du plus grave au plus aigu pour nous raconter une histoire qui ressemble à la vie. Avec ses joies et ses peines. Au piano, Jean-Philippe redouble alors le tempo, les impros sont superbes et l'émotion est palpable quand le morceau se meurt délicatement...
Sublime instant...

Sur ce vieux piano ( un Pleyel de 1895 au son particulier ), Collard-Neven étale tout son talent d'improvisateur avec dextérité. Comme sur Merci, au rythme assez enlevé, ou sur Waiting For Her, ecrit pour la naissance récente de sa fille. On y sent tout l'espoir et les projets qu'il imagine pour cet enfant: la main droite s'envolant régulièrement vers les notes les plus aiguës ( qu'il affectionne particulièrement ) comme pour lui offrir un avenir radieux...

On aura droit encore à une composition de Egberto Gismonti et une autre de Paolo Conte de très belles factures. Les deux musiciens s'amusant à changer les tempis, suivant l'écoute l'un de l'autre, donnant ainsi à ces morceaux une belle énergie.
En rappel, et pour terminer en douceur, le duo nous jouera avec une belle délicatesse La Chanson de Maxence tirée des "Demoiselles de Rochefort"...

A part ce titre et celui de Paolo Conte, tous les morceaux interprétés ce soir figurent sur Regency's Night, album enregistré en trois nuits au "Conservatoire de Bruxelles" ( Rue de la Régence... d'où le titre. ) et édité chez Fuga Libera... A se procurer les yeux fermés, les oreilles et l'esprit grands ouverts...

A+

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Le site de Jean-Philippe Collard-Neven, pour vous tenir au courant de ses diffrérents projets et de ses futurs concerts.

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23:31 Écrit par jacquesp | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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