04/03/2006

Octurn + Magic Malik aux Bozar













Entre février et mai, Bozar ( doit-on dire "aux Bozar", "les Bozar", "à Bozar" ou "...Bozar" ??? ) organise un "festival" Belgian Jazz dans lequel on retrouve "Trio Grande", "Vegetal Beauty", "Maäk's Spirit" et... Octurn & Magic Malik.

Le concert de ce soir se donne dans une salle au sous-sol, toute en longueur et où il est très difficile de voir ce qui se passe sur scène... !!!
On pourra ainsi s'imaginer plus facilement - peut-être - ce que cela donnera sur le prochain double CD qui devrait sortir début juin, puisque ce concert est enregistré dans le but d'y figurer...

Les morceaux de ce soir ont été écrits par Magic Malik. Il y en aura deux... plus un en rappel.
Mais chacuns atteignent aisément les 30 à 40 minutes...
Le premier est introduit par la basse de Jean-Luc Lehr et le piano de Fabian Fiorini sur un rythme lancinant et lent.
Puis petit-à-petit un groove s'installe et Malik et Laurent Blondiau viennent y déposer quelques harmonies.
Le tout est parsemé de bruits "minéraux ou aquatiques" lancés par Gilbert Nouno (electronics), à moins que ce ne soit par Jozef Dumoulin ( Fender Rhodes ).
Puis, par nappes et boucles successives, le thème se construit et se développe lentement...
On sent l'énergie monter. Avec force. La musique atteint un paroxysme... et puis retombe. Dans la langueur, la douceur... pour se reconstruire à nouveau.
Les influences sont diverses, entre rythmes polyphoniques, rock ou même parfois "dub".
Bo Van Der Werf enchaîne avec une impro au son profond, gras et ample.
On a l'impression de suivre le mouvement des vagues. Le sac et le ressac. Les aller et retour...
On sent aussi l'influence M-Base ou "Colemanienne" lorsque Guillaume Orti impose lui-aussi son solo...
Et puis, la musique vient "mourir"... comme apaisée, détendue, sereine.
Applaudissements!

Le deuxième morceau commencera tout aussi lentement mais dans des "tons" plus "oniriques", plus orientaux peut-être.
Le son cristalin proposé par Fabian Fiorini, Jozef Dumoulin et Gilbert Nouno invite Bo à poser un thème "nocturne".
Ici aussi le développement est lent et répétitif. Seul Jozef déchire ces moments de plénitude par des attaques stridentes et brutales au Rhodes.
La tension monte à nouveau d'un cran. C'est le moment que choisit Malik pour chantonner à la manière d'un enfant qui veut se rassurer lorsqu'il se sent perdu, abandonné dans la nuit...
Comme une petite berçeuse : "...tous les mardis, je pense à mercredi. Tous les mercredis je pense à jeudi..." etc.. Une chanson sans fin. Comme on compte les moutons pour chasser les idées noires.
Laurent joue alors avec la réverb sur sa trompette. On rentre dans un jazz-fusion qui rappelle parfois le "Miles électrique". Les rythmes se font syncopés, la folie s'empare des musiciens, comme dans un chaos maîtrisé...

Pour le rappel, le morceau se fera plus immédiat. Le groove est de la partie dès le départ. Le rythme plus dansant, moins cérébral peut-être.
L'interaction entre les musiciens est totale. Dans ce rythme effrené, Guillaume s'en va danser à l'arrière de la scène, tournant sur lui-même. Chander Sardjoe impose à nouveau admirablement ses syncopes...
Puis, comme il a commencé, le concert se termine dans une ambiance "caverneuse", humide et froide. Comme un retour dans la nuit des temps. Plein de retenue. De spiritualité. De réflexion.

Bien que je n'ai pas toujours été convaincu ( contrairement à Mwanji ) par les développements très lents et une progression qui faisait parfois un peu de "sur place" ( du moins, c'est mon impression ) j'attends avec hâte ce double album.
Par rapport à un projet comme celui de Maâk's Spirit ( de Laurent Blondiau aussi ) où j'y ai trouvé beaucoup d'émotions, de tensions et "d'histoires", j'ai trouvé celui d'Octurn parfois un peu "flottant"...
A revoir en juin au Sound's de toute façon pour la sortie de l'album.












A+

18:26 Écrit par jacquesp | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

Magic Octurn Je les ai vus à Paris il y a quelques mois, en collaboration avec Malik également, et j'avais trouvé ça vraiment prenant. Il n'y avait pas que des compositions de Malik ceci dit. En fait, il alternait avec Bo van der Werf, ce qui proposait des climats assez différents d'un morceau à l'autre (qui, même s'ils étaient assez longs, ne duraient pas 40 mn). En tout cas, je suis moi aussi curieux et impatient d'entendre le disque.

Mon compte-rendu d'alors :
http://samizdjazz.blogs.com/samizdjazz/2005/11/octurn_magic_ma.html#comments

Écrit par : Damien | 05/03/2006

Lu sur Samizdjazz J'avais lu ton article à l'époque en effet.
Je rejoins ton "analyse". On sent une certaine légèreté dans les compos de Malik ( alors que souvent, celles de Bo ou Laurent (??) sont plus "sombres").
Ce soir j'avais trouvé les morceaux trèèès étirés et donc, parfois, la tension ou l'émotion s'estompait. En tout cas c'est comme ça que je l'ai ressenti ce soir.

Ceci dit, les expériences musicales de Octurn valent toujours la peine d'être écoutées. C'est tellement riche, inventif et "différent". A moi de rentrer dedans.
Le disque devrait m'y aider...
Moi aussi je suis parfois ...lent... ;-)

A+

Écrit par : jacques | 05/03/2006

merci. Merci pour le lien avec ce beau blog tres pointu.

Écrit par : philippe charpentier | 06/03/2006

Les commentaires sont fermés.