27/02/2006

Interview d'Eric Legnini.

Allez, juste un "post" pour vous signaler la mise en ligne de l'interview d'Eric Legnini que j'ai eu l'occasion de réaliser lors de la sortie de l'excellent Miss Soul...

Voilà, c'est ici, sur Citizen Jazz !

A+

13:44 Écrit par jacquesp | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Deux, trois rendez-vous manqués...

Ce week-end, malgré une charge de boulot assez conséquente ( j'ai bossé samedi et dimanche ) j'avais décidé d'aller écouter Ivan Paduart en solo au Petit Coq à Linkebeek.
Arrivé sur place, on me signale que le concert était annulé...
... ben... on aurait pu me prévenir.. :-/
Dans ce cas, je serais allé voir Fabrizio Graceffa et son quaret ( Peer Baierlein, Piet Verbiest et Herman Pardon) à la JazzStation... Je pense que cela vaut la peine d'être entendu.
Inspiré de la scène underground New Yorkaise, d'après le commentaires.
Bien. Ça veut tout et rien dire, mais avec ces musiciens-là, ça doit quand même sonner!
Je me rattraperai (j'espère ) le 5 mars à l'Archiduc.

A l'Archiduc justement, je voulais aller écouter Ben Sluijs - Erik Vermeulen en duo ce dimanche vers 18h...
Ben, là aussi c'était rapé ! Je suis sorti du bureau vers 20h30... Le temps d'arriver dans le centre, le concert était terminé. Et Erik et Ben déjà partis...
J'ai quand même pris un verre et discuté avec Michael Blaes.
J'apprendrai ainsi qu'il joue beaucoup à Londres pour l'instant avec Georgia Mancio, la gagnante du "Young Jazz Singers" organisé l'an dernier à Bruxelles.
"So... wait and see", comme on dit à London...

Hureusement qu'il y avait eu le concert de Bart Defoort vendredi...
...Alors, ce soir, boulot ou pas, j'irai à la jam du Sounds...

A+

13:36 Écrit par jacquesp | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

25/02/2006

Bart Defoort Quartet au Music Village

Lors de la sortie de l'album The Lizard Game, j'avais été conquis par le groove qui s'en dégageait.
L'énergie, le swing.
La fraîcheur aussi. La concision des thèmes alliant modernité et tradition...


En concert, on retrouve cette même ferveur, ce même enthousiasme. Laissant bien sur un peu plus de place aux impros.
J'ai donc souvent vu Bart Defoort et son quartet ( à Bruges, à Bruxelles, à Mons etc...) sans jamais avoir été déçu. Mais au contraire souvent émerveillé.
Il faut dire que Bart est un perfectionniste ( dans la lignée d'un Gino Latucca qui travaille et retravaille son instrument en n'étant jamais satisfait alors que c'est un véritable "monstre"... et peu me contrediront - A part Gino lui-même bien sûr ;-) )

Dernièrement, Bart désirait "changer" de son et avait demandé à Piet Verbiest et Yves Peeters de prendre respectivement la place de Bart De Nolf et de Jan De Haas.
J'avais vu cette "nouvelle" formation une seule fois.

Ce soir au Music Village ce sera une version hybride: autour de Bart et Hans Van Oost on retrouve Yves Peeters et Bart De Nolf, de retour du Japon où il a fait la tournée de Toots.
Le jeu de Bart De Nolf n'est pas radicalement différent de celui de Piet Verbiest ( les vrais spécialistes pourront débattre )... Même si j'entends une manière différente de jouer, je ne peux pas vous l'expliquer.

La différence est plus flagrante en ce qui concerne les batteurs.
Yves a une approche plus "brute", plus tranchante que Jan. Un côté plus "sale". Il n'hésite pas à devancer le thème, à le déstructurer parfois ou a ajouter ici et là des ponctuations assez incisives.
Bref, ça épice des morceaux pourtant déjà bien relevés.
Comme Busy Inside ou The Lizard Game par exemple qui succédaient à un I'll Remember April déjà bien "boosté" à la sauce plus ou moins "latino".
Le sax sait se faire profond et grave mais Bart sait aussi donner un coup d'accélérateur. Son solo fut d'ailleurs assez éblouissant.
Ça a donné des idées à Bart De Nolf qui a fait vibrer les cordes de sa contrebasse de belle façon.











Après le très beau Lush Life pour calmer un peu les esprits, Bart propose une de ses compositions dédiée à sa fille: Taïs.
Il s'agit de sorte de valse-jazz joyeuse qui balance bien et monte en intensité. Comme un jeu d'enfant. Jusqu'à en perdre le souffle... Un vrai bijou ce morceau.

Les trois sets mélangeront donc "standards" et compos personnelles.
Cela permettra de mettre en valeur chacun des musiciens.
Sur la superbe balade écrite par lui-même, Hans Van Oost montrera un jeu précis, souple et toujours groovy. Puis, il sera plus "électrique" sur une autre de ses compos : Mr. Dot.

Il y aura encore au programme How Deep is the Ocean, l'excellent Voyage de Kenny Barron ou encore un Hope You Get It ( de Bart ) - en "réponse" à I Got Rhythm' - dans lequel on retrouve quelques "citations" du morceau de Greshwin... Et qui prouve une fois de plus que Bart est excellent compositeur.
Et j'attends son prochain album avec impatience. "The Lizard Game" date déjà de 2003.
Allons Bart, au boulot ! Ça en vaut vraiment la peine... :-)

A+

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Bart Defoort sera en concert au Sounds le 16 mars en duo avec Ewout Pierreux et le 25 mars en trio avec Joost Van Schaik et Philippe Aerts. Deux nouveaux projets que je n'ai pas encore eu l'occasion d'entendre.( J'avais raté le concert en duo le 14 février... )

Quant à Yves Peeters, il sera en concert avec son quartet le 8 mars au Hopper à Antwerpen, et plus tard, en avril, à De Werf pour la sortie du nouvel album de Jazzisfaction.

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16:24 Écrit par jacquesp | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

21/02/2006

Du jazz 24h./24 à la radio... ?

Hier matin en allant bosser, je tombe sur une radio qui émet du jazz 24h./24.

Pas un commentaire. Pas une annonce. Pas une désannonce. Pas de pub...
Le bonheur?

Hoooo que non...

Avez-vous déjà travaillé dans un hôtel "chic" pendant toute journée? ( moi oui...)
Dans cet endroit où on diffuse du ""djâââzz"...
Vous savez, cette musique sirupeuse à souhait. Ce truc aseptisé au possible. Sans aucune aspérité.
Ce truc mou, flasque, sucré à outrance, dégoulinant de guimauve...
La véritable musique "lounge"...
Ce "jazz" qu'on appelle "musique d'ascenseurs"...

Hé bien voilà, il existe une radio qui émet sur Bruxelles - 89.10 fm - et qui ramollit le cerveau avec ça.

Bien sûr je n'ai rien contre une balade de temps en temps.
Mais de là à mettre bout-à-bout ces tempis lents, ces ambiances soft et molles, ces voix qui sussurent ( car 9 titres sur 10 sont des "vocals" ), ces orchestrations qu'on ne pensent entendre qu'à Noël... il fallait oser.

Ce matin, par exemple, j'ai eu droit à une "grande suite": Diana Krall "The look of love", Rachelle Ferrel plus insupportable que jamais dans l'exposé de son catalogue des "possibilités vocales" avec "Autumn Leaves", Lisa Ekdahl, ou ce bon vieux Ray Charles entourré d'une chorale et de trois cents quatre-vingt violons chantant "I can't stop lovin' you"...
Je vous assure que c'est insupportable...
Et ce n'était que le matin!.
J'ai réessayé vers midi et ce soir encore...
On était toujours dans le même tempo, la même ambiance...
Cette fois-ci, j'ai eu droit à Peyroux, puis Norah Jones, un "Skylark" chanté sur dans le même ton par je ne sais qui, puis Cassandra Wilson avec un titre au rabais...

Attention, à part quelques usurpatrices ( vous voyez de qui je parle? ) , j'aime assez ces chanteuses. Mais dans un contexte bien plus "modulé". Alternant swing, scat, bop, groove et balade.
Sur MJM, puisque tel est le nom de cette radio - pour "Master Jazz Music"... dit par un black à la voix caricaturale - , c'est l'indigestion assurée...

On voudrait dégouter les gens du jazz qu'on ne ferait pas mieux...

Burp...

Pas un morceau de jazz européen. Pas un belge à l'horizon, pas un hard-bop, pas un peu de soul, de fusion... et certainement pas un poil de free... (ça va pas non?)
Mais à quoi sert cette radio? A qui profite-t-elle?

Aaaahh... merci du cadeau!

A+

23:54 Écrit par jacquesp | Lien permanent | Commentaires (704) |  Facebook |

20/02/2006

Eric Legnini Trio "Miss Soul" à Flagey.

Ce jeudi soir ( le 16 ) le Studio 1 est plus que sold-out.
On a doublé la capacité de la salle en ajoutant tout autour de la scène des chaises.
On en est bien à 400 personnes ou plus...
Flagey avait hésité à déplacer le concert vers le Studio 4. Ç'eut été dommage, car l'ambiance aurait été tout autre.
La salle était devenue, pour le coup, très intime. Ressemblant presque à un club... les alcools et la fumée en moins. Le public entourait littéralement le trio.

Le trio ce soir, c'est Eric Legnini, Franck Agulhon et Mathias Allamane. Il sont venus présenter l'excellent album Miss Soul.
Ni une ni deux, on plonge dans la soul-funk de The Memphis Dude. C'est franc, limpide, brillant.
Le ton est donné. On enchaîne aussitôt avec Sugar Ray qui permet à Mathias d'improviser en solo. Il tire sur les cordes en gardant une toute grande musicalité.
On se croirait revenu au temps du hard-bop.
Ce n'est pas avec Miss Soul que l'intensité va redescendre. Au contraire, la température monte, c'est chaud, ça gonfle, ça groove...
Ce n'est pas pour déplaire quelques musiciens venus en amis comme Daniel Romeo, Laurent Doumont ou Mélanie De Biasio pour ne citer qu'eux...














Eric calme un peu le jeu avec For All We Know, interprété tout en profondeur et délicatesse. Posant les accents juste où il faut. Pour ne rien perdre de la tension.
Puis, c'est à Mathias d'introduire avec un long et très beau solo Horace Vorace. Dans la salle, des gens tapent dans les mains et sifflent... Ça balance à nouveau fort.
Eric a une main gauche extraordinnaire - ça devient banal de le dire, mais c'est assez stupéfiant - qui rehausse encore l'énergie contenue dans l'écriture de ses thèmes.
Niveau "écriture" d'ailleurs, La Strada est un vrai bijou.
Eric l'attaque sur un tempo plus enlevé que sur le disque. Ce qui n'empêche pas Franck et Mathias de suivre... Les harmonies entre piano et basse se croisent d'ailleurs avec une éblouissante magie.
Avec Home Sweet Soul, aux fragrances de gospel, le public réagira à nouveau. On frappe des mains, on se dandinne sur son fauteuil...
Mais comment ne pas faire autrement?
Le piano est plus noir encore. Transpirant presque. La soul envahit encore un peu plus la salle.

C'est sur Lisbon Stomp ( de Jarrett ) que Franck Agulhon se déchaînera dans un solo explosif avant que le concert ne se termine avec le très bluesy Back Home...

Il y aura un rappel bien sûr. Et ce sera Prelude to a Kiss qui tirera délicatement et sobrement le rideau.

C'est sûr, le piano fut bien sollicité. Comme nous. Cela mérite bien un verre de vin ( comme à la -bonne- habitude le jeudi à Falgey. )
Cela me permet de discuter un peu avec Eric, visiblement très content de son concert et d'une salle archi-comble. On le serait à moins.
Je papote aussi avec Pirly Zurstrassen, Jacobien, Mélanie De Biasio, Ruben... ou Jempi qui semble vouloir entrainer les musiciens à aller faire la jam au Sounds... hé hé hé...
Malheureusement, je dois me lever hyper tôt ce vendredi et une petite voix ( que j'entends cette fois-ci... et c'est rare...) me dit qu'il serait raisonnable de rentrer...
Soupir...

A+

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Le trio d'Eric Legnini sera à nouveau en Belgique en juin pour Jazz A Liège ( le 10 ) , en juillet au Blue Note Festival à Gand ( le 15 ) ( ...et pas Linx-Wissels !?!?!?!?! Grrr!!!), et au Gaume Jazz Festival le 11 août...

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22:25 Écrit par jacquesp | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

15/02/2006

Festival des Lundis d'Hortense au Bota.

Vous vous rendez compte...?
Ce week-end a lieu le festival des Lundis d'Hortense au Botanique!
"Ils" vont fêter leur vingtième festival !

Pour l'occasion, il y aura Kenny Wheeler et Magic Malik...
Mais aussi Charlier-Sourisse, Alex Furnelle, Rêve d'Eléphant et bien sûr... Ben Sluijs!
Et puis d'autres aussi...

Et moi?... Je ne serai pas là!

Un "impératif"... comme on dit. Dont je me serais bien passé.

Mais j'espère que vous serez nombreux à y aller... et que quelqu'un me racontera!

Jettez un oeil ici: Festival des Lundis d'Hortense au Botanique les 17 et 18 février...





















A+

23:45 Écrit par jacquesp | Lien permanent | Commentaires (38) |  Facebook |

13/02/2006

Nathalie Loriers -Chemins Croisés - L'Eden à Charleroi












Bon, vous savez tous que j'adore le jeu de Nathalie Loriers.
Et je n'avais jamais eu l'occasion d'entendre en "live" la formule "Chemins Croisés",.
Un petit déplacement à L'Eden à Charleroi s'imposait. Il n'y avait plus de temps à perdre, surtout que la composition du groupe a tendance à évoluer depuis le début de cette aventure: Tony Overwater et sa contrebasse acoustique "électrifiée" a cédé la place à Philippe Aerts. Et ce sera bientôt la cas de Gianluigi Trovesi qui laissera la sienne à Fabrice Alleman.

J'étais content, donc, d'assister à ce concert tendre, doux et joyeux dans une salle bien remplie.
On débute en douceur, comme un vent qui se lève sur Sahara, avec Joël Allouche qui fait résonner ses tambours sourdement.
Nathalie entamme le thème de L'Auberge des Femmes qui permettra à chacun d'y aller de son solo.
D'abord Karim Baggili au oud, puis de Trovesi.
Le thème suivant A Pas Feutrés, plus introspectif, plus intimiste, introduit par la clarinette basse de Trovesi amène une mélodie aux accents orientaux assez marqués. Sans doute aussi à cause du jeu à l'archet de Philippe Aerts.
Ça ondule. C'est chaloupé... Karim et Nathalie jouent à l'unisson. Le résultat est parfait...
On sort un peu de cet état "onirique" pour plonger dans le "festif" avec Machmoum.
Le thème est plus nerveux et permet à Nathalie, d'abord, d'offrir un excellent solo sur les contre-temps de Joël Allouche. Ce qui donnent, du coup, beaucoup de relief et de tension. Il en profitera pour se fendre d'une belle impro en solo.

On navigue jusque-là entre jazz et musique orientale. On dirait que Nathalie n'a pas choisi un "camp". C'est peut-être un peu dommage car on ne sait pas comment "goûter" la musique. C'est sans doute un choix délibéré de sa part. Mais alors, le "mélange" manque encore d'un petit quelque chose à mon goût...

On entrera, par contre, de plain-pied dans la musique orientale avec deux morceaux de Karim.
Zayak pour commencer, où Baggili montrera sa dextérité et sa sensibilité ( vraiment un musicien à suivre car il va encore progresser, c'est sûr. Rappelons qu'il n'a que 20 ans! ), soutenu par Philippe Aerts à la basse très chantante. Et puis, avec Mister Lee qui balance entre retenue et légerté.

Gravité et légerté, ce sera aussi un peu ce que l'on retrouve dans L'arbre pleure qui fera la part belle au duo piano/oud.

Gianluigi Trovesi retrouvera ses sensations italiennes avec Jour de Fête - un tout nouveau morceau éclatant. Le jeu du clarinettiste est plus aigu, plus enlevé ( je n'oserais pas dire que c'est une tarentelle, mais on s'y rapproche peut-être...).
Il y aura encore un titre avant le rappel qui permettra à nouveau à Karim de conquerir totalement le public.

Allez, encore des concerts pour cimenter réellement la cohésion de ce groupe qui peut amener quelque chose de singulier et très personnel. Une fusion totale à trouver en quelque sorte...
A voir à Dunkerque début mars pour le festival et à Avignon en mai...

A+

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Le site de Nathalie Loriers.
Celui de Karim Baggili.
Et celui du Festival de Dunkerque, au cas où vous êtes dans la région...

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23:10 Écrit par jacquesp | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

11/02/2006

Maäk's Spirit - K.Fée à Mons


















Expliquer la musique de Maäk's Spirit c'est comme vouloir expliquer ce qu'est l'humour à quelqu'un qui n'en a pas.
Impossible.
C'est une musique bourrée d'énergie positive, de milles influences, de retenue, de folie et d'intelligence.

Les ayant vu la dernière fois au Blue Note Festival à Gand - en 2004(?) - avec le Gnawa Express et Baba Sissoko pour un concert de folie - les musiciens Gnawa, en jouant, avaient traversé la foule avant de monter sur scène - je voulais à nouveau resentir ce délire.

J'avais aussi entendu des extraits du futur (??) album Stroke enregistré en Afrique du Sud cette fois - dans un esprit "spoken word" - sur la compilation Jazztublieft éditée lors du "Flemish Jazz Festival" à Bruges.

>Bref, il y avait de quoi susciter ma curiosité.
Direction le K.Fée à Mons.

C'est Jozef Dumoulin qui installe la première ambiance au Fender.
Par petites touches obnubilantes, l'excellent bassiste français Sebastien Boisseau et le déroutant Eric Thielemans à la batterie construisent le groove. En douceur. Couche par couche. Jean-Yves Evrard quand à lui, griffe de sa guitare cette toile tendue par la rythmique et appelle les deux souffleurs, Laurent Blondiau et Jereon Van Herzeele, qui arrivent du fond de la salle...
La folie monte doucement. L'énergie est au rendez-vous.

Pendant plus d'une heure et demie, Maäk's Spirit va nous faire voyager. Et jamais de façon attendue.
Toutes les compos de ce soir sont écrites par Jean-Yves Evrard. Histoire de "canaliser" des pulsions du groupe, mais aussi de les rendre plus explosives. L'esprit du collectif est resté bien présent. Pas de facilité ni de simplissisme, mais toujours de la musique personnelle, intense, authentique et sans concession.

Maäk's Spirit peut donc tout se permettre, surtout avec des musiciens de ce niveau et d'une telle complicité.

Après deux morceaux assez enlevés et pêchu, le groupe amorce un thème plus mystérieux, plus lent, plus feutré.
D'ailleurs, Eric Thielemans à recouvert ses fûts et ses cymbales d'une étoffe noire.
La basse de Boisseau est profonde. Laurent Blondiau a enveloppé sa sourdine de papier alu et trafique le son de sa trompette via un patch (?). L'atmosphère est lourde, moite, lancinante. La musique ressemble à une marche lente aux parfum africain.
Petit à petit le tempo s'accélère pour virer vers un rythme binaire où Jereon et Laurent déposent des phrases au son très ... minéral.
Le groove est sous-jacent. La musique devient de plus en plus minimaliste. Les solistes se retirent, seul Eric et Jozef continuent en "dégraissant" la musique... pour ne plus faire entendre que les touchent du clavier.
Le public est en suspend.
Moment magique.

Et la dynamique rythmique reprend sur des syncopes bouillonnantes. Le jeu est encore plus ouvert, presque free permettant à Jereon de nous offrir un solo magistral.
Il fait monter l'adrénaline, saute littéralement devant la batterie d'Eric Thielemans, fait crier son sax, court dans tout le club, se balance de haut en bas frénétiquement... de la folie!
... Puis, on reviendra à un peu de "nonchalance" avec un thème qui emprunte au reggae ou à la musique des îles... Allez savoir avec eux.
Ça balance, ça danse.

Puis, le groupe se retirera pour laisser seul Eric et sa batterie.
Un rythme hypnotique envahit alors la salle. Une sorte de musique sans fin. Eric entre dans son monde. On l'accompagne. Il est comme en transe. Petit à petit la musique se déstructure jusqu'à devenir de la "non-musique"... et pourtant les silences en sont emplit.
Il repart sur un roulement léger et sans fin, montant en intensité.
C'est le moment que choisit Jean-Yves pour construire avec Eric une musique bruitiste, bruyante et grondante. Le groupe est alors réuni pour s'aventurer dans le free. Jozef est debout. Sebastien s'acharne sur sa contrebasse. Les souffleurs s'attisent l'un l'autre. On a peur que Jean-Yves se prenne les pieds dans les fils tellment il est dans sa musique...
C'était le bouquet final.

Je me remets en prenant une verre avec les musiciens. On les sent près à partir vers de nouvelles aventures. Fort de cette nouvelle "direction" insufflée par Jean-Yves Evrard.
Leur musique va encore évoluer, c'est sûr. Alors ne manquez pas les prochains concerts de Maäk's Spirit au Vooruit à Gand ou à De Werf à Bruges ou encore à Courtrai, Mol, Borgerhout ce mois-ci encore.
Ou en mars à Flagey. Et en mai au Bozar.

A+






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Le site de Maäk's Spirit.

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18:06 Écrit par jacquesp | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

09/02/2006

A la radio maintenant...

Si vous lisez de temps en temps ces pages, vous êtes sans doute tombé sur son nom...
Si vous fréquentez les clubs de jazz, vous l'avez sans doute vu ou rencontré.
Si vous lisez parfois Jazz Hot vous avez sans doute remarqué son nom au bas d'un article.
Idem si vous lisez Jazzmozaïek...
Si vous allez à New York écouter du jazz, ne soyez pas étonné de tomber nez-à-nez avec lui.
Si vous parlez de lui à Toots, ou Brandford, ou Fresu, ou n'importe quel autre musicien de jazz, ne soyez pas surpris si ils vous disent: "...Oh yes, his my friend!..." avec un grand sourire...

Alors maintenant, si vous allumez la radio et que vous vous branchez sur Radio Panik vers minuit le mercredi, vous entendrez sa voix. Une semaine en français, een week in het nederlands and one week in english...
Et si vous vous branchez le dimance soir vers 22h. sur fm Brussel il y sera aussi. (Aleen in het nederlands).

Mais comment fait-il? Cet homme dort-il parfois?... Sommes-nous bien assuré?... :-)))

Cet homme, c'est Jempi.

















Et il est à parier que ce sera intéressant à écouter...

Sacré Jempi va... !

A+

22:18 Écrit par jacquesp | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

06/02/2006

Legnini, Citizen et moi et moi et moi...
















Un autre disque que j'ai eu l'occasion de chroniquer est le merveilleux Miss Soul d'Eric Legnini.
Ce texte-là a été publié ici, sur Citizen Jazz.
Dois-je encore vous dire que ce disque est un bijou de soul, de swing, de groove et de blues?

Humm?...
Et une interview d'Eric devrait suivre bientôt.
D'ici là, rendez-vous à Flagey le 16 février...

Et puisque vous êtes en train de surfer sur Citizen, jetez un oeil sur l'article que Mwanji consacre aux blogs...

;-))
( Thanks Mwanji )

A+

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Le site Label Bleu où l'on retrouve Eric Legnini, mais aussi Lourau, Magic Malik, Romano-Texier-Sclavis, Bojan Z etc...

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22:54 Écrit par jacquesp | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Jean Philippe Viret - L'Indicible




























On ne brûle pas la politesse à une femme.
Encore moins quand il s'agit de Sophie Chambon ( chroniqueuse pour JazzBreak, Central Jazz, Citizen Jazz bien sûr, et aussi Jazz Magazine! ).
C'est donc elle qui eut l'honneur de disserter à propos du formidable album de Jean-Philippe Viret "L'Indicible" sur Citizen Jazz.

Si l'album avait été mauvais, cela m'aurait soulagé que quelqu'un d'autre que moi en parle.
Mais cet album est excellent ( vraiment ! ) et je ne pouvais me résigner à jeter ma "critique".
Alors, la voici.

Arriver à réunir une musique exigeante et accessible à la fois, c’est ce que le trio de Jean-Philippe Viret parvient à faire avec une maestria qui force l’admiration.
On rentre dans cet album en douceur, au son de l’archet glissant âprement sur les cordes de la contrebasse.
Aussitôt nous sommes dans un univers qui n’appartient qu’à Viret et ses compagnons.
On voyage entre lyrisme, poésie sombre ou mélancolie.
Mais chaque fois, le piano d’Edouart Ferlet , comme une flamme guidant les siens vers la lumière, fait renaître l’intensité, la brillance.
C’est dû aussi sans doute à la manière dont les trois musiciens utilisent leurs instruments. On tape, on frôle, on griffe. Tantôt sur le bois, tantôt sur les cordes, tantôt sur les peaux.
La contrebasse sait alors se faire plus chaude et plus ronde.
Les compositions sont fermement sculptées, tel le nerveux A Plus D’Un Titre ou le bondissant Ping Pong.
Ou alors, elles s’articulent de manière plus délicates, comme pour Sablier ou Le Rêve Parti aux tempos lancinants et mystérieux.
A la batterie, Antoine Banville participe aussi à la fête - aux accents parfois graves - avec un jeu riche et généreux.On frôle parfois la musique contemporaine ( Valse à Satan ) sans jamais tomber dans l’abstrait. La musique se fait toujours palpitante et excitante. Elle fait appel à l’intelligence sans oublier l’émotion.
Et quand Viret est seul à faire chanter sa contrebasse sur Vierge, on retient son souffle. On reste attentif jusqu’au bout comme pour connaître la fin d’une histoire.
Une histoire qu’on a envie de se faire raconter à nouveau.


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Le site de Minum Music ( qui n'est autre que la renaissance - et c'est tant mieux! - du regretté label Sketch) sur lequel est signé Jean-Philippe Viret... entre autres. (Distribution belge: Bang!)

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22:17 Écrit par jacquesp | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

04/02/2006

Verderame - Da Costa - De Jong Trio au Sounds












Jeudi soir, je me trouve enfin un peu de temps pour sortir.
Bien sûr, lundi je suis allé à la jam du Sounds - après avoir rencontré Eric Legnini pour une interview ( dès qu'elle est "on-line" je vous le dis...) à propos de son excellent cd Miss Soul qui sort la semaine prochaine chez Label Bleu.
Mercredi, j'ai fait l'impasse sur Nozzle Slag car le mardi soir avait été assez fatiguant. Mais Mwanji y était et en témoigne sur Be.Jazz.

Jeudi, c'était donc au Sounds que se produisait pour la première fois Verderame, Da Costa, De Jong, c'est-à-dire trois guitaristes. ( Même si Mimi jouera deux morceaux à la batterie...).
L'ambiance était donc à l'acoustique.
Pour ce projet, le trio développe un jazz qui oscille entre les standards et les compos personnelles. Entre le bop et le "brésilien". Entre le "manouche" et la chanson. Entre groove et balades ... Bref, difficile de leur coller une étiquette.
Ce qu'on peut dire, c'est que le niveau est quand même bien haut.
Victor Da Costa possède un phrasé fluide qui ne manque quand même jamais de swing. D'ailleurs ce soir, les deux morceaux sortis de sa plume étaient pour le moins les plus "swinguants".

En tant que "leader", Mimi "manage" avec brio cette nouvelle formation. S'accompagnant souvent en "chantant".
Et sous "l'impulsion" de Jacobien, il tentera même avec bonheur l'expérience devant le micro. Un peu "à la Georges Benson"... En plus, ça fonctionne très très bien.
Ce type a plus d'une corde à son arc!
Et quand il se met à la batterie, ça "pulse" encore un peu plus.
Pourtant, il sait aussi se faire tendre comme sur Il y a des jours comme ça, une jolie chanson ( boléro ) aux accents italiens en hommage à son père...

Et puis, à la basse "électrique", Théo De Jong - que je voyais sur scène pour la première fois - naviguait entre douceur et vigueur. Sur Here is the sunny day (??) par exemple, il n'hésite pas à partir dans un solo très "Hendrixien", jouant sur les effets, les distos...
Alors que le reste du temps il "accompagne" avec rigueur et justesse sans jamais oublier la petite touche d'originalité et de personnalité.

Bref, ce fut une jolie soirée décontractée ( Mimi doit l'être sans doute un peu moins avec le projet "Scorched"... ) à laquelle les liégeois auront l'occasion d'assiter, puisqu'un deuxième concert du trio est prévu au Pelzer Jazz Club mercredi 8 février.

A+

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Le site de Théo De Jong.

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23:59 Écrit par jacquesp | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |