13/02/2006

Nathalie Loriers -Chemins Croisés - L'Eden à Charleroi












Bon, vous savez tous que j'adore le jeu de Nathalie Loriers.
Et je n'avais jamais eu l'occasion d'entendre en "live" la formule "Chemins Croisés",.
Un petit déplacement à L'Eden à Charleroi s'imposait. Il n'y avait plus de temps à perdre, surtout que la composition du groupe a tendance à évoluer depuis le début de cette aventure: Tony Overwater et sa contrebasse acoustique "électrifiée" a cédé la place à Philippe Aerts. Et ce sera bientôt la cas de Gianluigi Trovesi qui laissera la sienne à Fabrice Alleman.

J'étais content, donc, d'assister à ce concert tendre, doux et joyeux dans une salle bien remplie.
On débute en douceur, comme un vent qui se lève sur Sahara, avec Joël Allouche qui fait résonner ses tambours sourdement.
Nathalie entamme le thème de L'Auberge des Femmes qui permettra à chacun d'y aller de son solo.
D'abord Karim Baggili au oud, puis de Trovesi.
Le thème suivant A Pas Feutrés, plus introspectif, plus intimiste, introduit par la clarinette basse de Trovesi amène une mélodie aux accents orientaux assez marqués. Sans doute aussi à cause du jeu à l'archet de Philippe Aerts.
Ça ondule. C'est chaloupé... Karim et Nathalie jouent à l'unisson. Le résultat est parfait...
On sort un peu de cet état "onirique" pour plonger dans le "festif" avec Machmoum.
Le thème est plus nerveux et permet à Nathalie, d'abord, d'offrir un excellent solo sur les contre-temps de Joël Allouche. Ce qui donnent, du coup, beaucoup de relief et de tension. Il en profitera pour se fendre d'une belle impro en solo.

On navigue jusque-là entre jazz et musique orientale. On dirait que Nathalie n'a pas choisi un "camp". C'est peut-être un peu dommage car on ne sait pas comment "goûter" la musique. C'est sans doute un choix délibéré de sa part. Mais alors, le "mélange" manque encore d'un petit quelque chose à mon goût...

On entrera, par contre, de plain-pied dans la musique orientale avec deux morceaux de Karim.
Zayak pour commencer, où Baggili montrera sa dextérité et sa sensibilité ( vraiment un musicien à suivre car il va encore progresser, c'est sûr. Rappelons qu'il n'a que 20 ans! ), soutenu par Philippe Aerts à la basse très chantante. Et puis, avec Mister Lee qui balance entre retenue et légerté.

Gravité et légerté, ce sera aussi un peu ce que l'on retrouve dans L'arbre pleure qui fera la part belle au duo piano/oud.

Gianluigi Trovesi retrouvera ses sensations italiennes avec Jour de Fête - un tout nouveau morceau éclatant. Le jeu du clarinettiste est plus aigu, plus enlevé ( je n'oserais pas dire que c'est une tarentelle, mais on s'y rapproche peut-être...).
Il y aura encore un titre avant le rappel qui permettra à nouveau à Karim de conquerir totalement le public.

Allez, encore des concerts pour cimenter réellement la cohésion de ce groupe qui peut amener quelque chose de singulier et très personnel. Une fusion totale à trouver en quelque sorte...
A voir à Dunkerque début mars pour le festival et à Avignon en mai...

A+

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Le site de Nathalie Loriers.
Celui de Karim Baggili.
Et celui du Festival de Dunkerque, au cas où vous êtes dans la région...

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23:10 Écrit par jacquesp | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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