07/12/2005

Audi Jazz - Belgian Jazz Night

Cerise sur le gâteau d’anniversaire de l’Audi Jazz Festival.
En effet, pour clôturer de belle manière ce 30e festival, une sélection de la crème des jazzmen avait pris possession du Bozar.

Comme disait Jacobien: le choix des invités fut difficile. Mais il fallait bien faire un choix...
Pour une seule soirée.
Ne pas "faire" trop long mais laisser le temps aux artistes de s’exprimer…
Une belle gageure.

Il y avait donc autant de beau monde sur scène que dans la salle… Sponsoring oblige.

La première à ouvrir le bal était Mélanie De Biasio.
J’étais content de pouvoir la réécouter dans de bonnes conditions. Je l’avais vu pour la première fois à Jazz à Liège. Et puis souvent au PP Café.
J’aime bien son parti pris de ralentir au maximum les tempi. Il y reste toujours du swing, du groove dans son blues. Ce qui met en évidence son grain de voix, sa façon de souffler les mots.
Elle entamera avec son morceau "fétiche" : "Come Rain or Come Shine" accompagnée à la flûte par Steve Houben et au piano par Pascal Mohy. Elle poursuivra avec un autre morceau de Billie Holiday : "Fine and Mellow". Autant dire qu’on est dans le blues et l’intimité.
Dans la sensibilité aussi.
Et pour ce qui est du côté sensuel, soyeux et clin d’œil, elle choisira d’interpréter une chanson que Monique Aldebert avait écrit pour Brigitte Bardot : "Les hommes endormis". La voix est claire, toujours aussi sobre, et ce morceau passe admirablement bien. Steve Houben en profitera pour proposer un solo aussi sensuel que le voix de Mélanie.
Je l’ai déjà dit et je le répète, c’est une fille à suivre… En tout bien tout honneur bien sûr.
On peut d’ailleurs la revoir samedi 10 au Music Village et le 16 à la Maison des Musiques à midi et en duo avec Pascal Mohy.

Entre alors sur scène Philip Catherine et son "guitar orchestra". Groupe qui fut monté pour le seul "Blue Note Festival" cet été et qui trouve aujourd’hui une deuxième occasion de se reformer.
Espérons que ce ne soit pas la dernière car cette formule est plus qu’attrayante.
On retrouve donc 4 autres excellents guitaristes aux côtés de Philip: Peter Hertmans, Pierre Van Dormael, Victor Da Costa et Quentin Liégois.
Styles et générations confondus. Mais l’ensemble est cohérent.
Avec Tiger Groove, chaque guitariste à l’occasion de se mettre en avant et de d’alimenter de sa créativité toute personnelle ce thème – presque classique – de Philip Catherine. Peter Hertmans, par exemple interviendra tout en douceur, retenue et souplesse. J’aime vraiment son jeu dans cette formation.
Avec Côté Jardin, cette balade entre valse et "menuet" s’emballe lorsque Van Dormael électrise de quelques soli le thème. Suivi dans un autre registre par le jeune virtuose Quentin Liégeois.
On terminera avec Good Morning Bill où Victor Da Costa montrera qu’il est bien plus qu’un excellent guitariste brésilien…
Et ici aussi Van Dormael fera monter la sauce avec un jeu plus mordant.
Gros succès, bien entendu.

Autre beau moment quand Nathalie Loriers entre accompagnée par notre Toots national.
Assis sur son tabouret, heureux d’être là, il propose d’interpréter le morceau qu’il joua la première fois aux Beaux Arts, en ’50, avec Benny Golson : Stardust.
Avec la balade Father Damian l’ambiance sera un peu plus mélancolique.
Mais lorsque Toots attaque le fameux et éternel Bluesette, on tape immanquablement du pied.
Le duo fonctionne à merveille et Nathalie montre à qui en aurait douté qu’elle sait swinguer. Les notes sont claires, franches. C’est jubilatoire.
Un tonnerre d’applaudissement accompagne la sortie du duo qui laisse la place au BJO.

Le BJO, formidable big band!
Dès les premières notes, le ton est donné.
Un gros son. Puissant et suave à la fois.
Kurt Van Herck sera le premier soliste sur un morceau arrangé et composé par Bert Joris, présent aussi sur scène.
Kurt s’emballe et c’est tout le BJO qui monte en puissance. C’est réglé comme une Formule 1...
Et avec ce même groove entêtant, Bert Joris termine le thème en douceur.
On rappelle alors Philip Catherine pour Happy Tears. Un autre groove s’installe. On retrouve la patte de Philip. Avec Bert, on aura droit à un terrible duo.
Et on est plein d’admiration quand les saxes du BJO terminent le thème à l’unisson.
Sur Piano Groove, c’est Franck Vaganée qui se mettra en avant.
Fabuleux soliste, plein de puissance et de verve… très… "Parkérien" ??
Et pour que la fête soit complète, il était évident de rappeler Toots pour un portrait exceptionnel du jazz belge.
Le BJO fera rugir une dernière fois avant un rappel bien mérité son groove et son swing unique.

La soirée sera passée à toute vitesse. Pas le temps de s'ennuyer.
On remet ça l'année prochaine?

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Victor Da Costa sera en concert au Botanique ce vendredi 9 décembre, en trio avec Benoit Vanderstraeten et Antoine Cirri.

Quelques liens:
Audi Jazz
Philip Catherine
Nathalie Loriers
Toots Thielemans
Brussels Jazz Orchestra

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A+

23:37 Écrit par jacquesp | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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